Cinema italiano
La grande abbuffata. Réalisation, Scénario: Marco Ferreri. 1973; 130'.  Avec: Marcello Mastroianni (Marcello), Philippe Noiret (Philippe), Michel Piccoli (Michel), Ugo Tognazzi (Ugo), Andréa Ferréol (Andréa), Monique Chaumette (Madeleine), Florence Giorgetti (Anne), Solange Blondeau (Danielle), Michèle Alexandre (Nicole), Cordelia Piccoli (Barbara), Henri Piccoli (Hector), Bernard Menez (Pierre), Louis Navarre (Braguti), Rita Scherrer (Anulka), Giuseppe Maffioli (le chef cuisinier) 
Quatre amis organisent dans une villa un "séminaire gastronomique", long séjour d’excès gastronomiques et sexuels.
« Obscène et scatologique, d'une complaisance à faire vomir, ce film est celui d'un malade qui méprise tellement les spectateurs que l'on ne peut que se réjouir des huées qui l'ont accueilli, lui et ses interprètes, au sortir de la projection. »            
                Claude-Marie Trémois, Télérama, 1973.
 Virulente critique de la société de con­sommation, condamnée à mort par son égoïste goinfrerie ? Défaite de l'âme, dissoute dans les jouissances éphémères du corps ? Marco Ferreri réalise une saisissante chronique in vivo de la décomposition des chairs, jusque dans les plus scabreux détails.  … La Grande Bouffe est une agression salutaire, l'envers hirsute et chao­tique du cinéma traditionnel. Plus que l'obscénité provocatrice des images, c'est la violence morbide du propos qui réveille et bouleverse.
                Cécile Mury, Télérama, 2016. 

« Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie. » Philippe Noiret, après avoir été hué à Cannes lors de la présentation du film.
 L’un des grands coups de gueule, tout à fait compréhensif, contre l’égoïsme et la pudibonderie de la société occidentale.
La Maison du sourire. Réalisation, Scénario: Marco Ferreri, Antonino Marino, Liliana Bett. 1991; 110'.  Avec: Ingrid Thulin (Adelina), Alessandro Ruspoli (Andrea), Enzo Cannavale (avocat), Maria Mercader (Elvira), Lucia Vasini (Giovanna), Francesca Antonelli (Rosy), Elisabeth Kaza (Esmeralda)
 Adelina et Andrea, deux septuagénaires d'une maison de retraite, deviennent inséparables. Certains ont du mal à accepter ça.
 « Si seulement, nous pouvions tomber comme les fleurs de cerisier ; 
Aussi pures, aussi lumineuses ! » 

 On ne parle jamais des enfants et des vieillards. Les enfants, on ne les tue pas, bien sûr, parce que ça n’est pas bien. Mais les vieux, on cherche toujours à les éliminer. Je ne me fâche pas uniquement contre cette exclusion. Mais s’interroger sur l’homme exige de considérer l’être humain sur toute la distance de son parcours, de sa naissance jusqu’à sa fin. (…) 
 Mais La Maison du Sourire n’est pas un film sur le troisième âge, c’est une belle histoire d’amour dans un hôtel avec beaucoup de gens sympathiques qui font rire.
                                                                                       
Marco Ferreri 
 Un regard parfois taquin, jamais ennuyeux ou triste sur une réalité toute naturelle. Une belle initiative de ce grand observateur de la société.
Ours d'Or  Berlin
 Réalisation, Scénario: Marco Ferreri, Rafael Azcona. 1974; 108'.  Avec: Catherine Deneuve (Marie-Hélène de Boismonfrais), Marcello Mastroianni (Custer), Michel Piccoli (Buffalo Bill), Philippe Noiret (général Terry), Ugo Tognazzi (Mitch), Serge Reggiani (l'indien fou), Alain Cuny (chef indien), Darry Cowl (naturaliste)
 Western contemporain voyant la bataille de Little Big Horn du général Custer se déroulant dans le Trou des Halles de 1973 à Paris.
 Dans le film, il y a tous les éléments du western : le saloon, l’hôtel, le train, le chanteur au banjo, le représentant des affaires indiennes, Custer, Buffalo Bill et Sitting Bull. J’ai eu envie d’utiliser les mêmes concepts, les mêmes sentiments, les mêmes formes, mais pour aboutir à un tout autre contenu. Je ne voulais pas tourner ce film dans un village espagnol. Parce que si vous regardez autour de vous, vous vous rendez compte que nous vivons toujours dans un climat de western. Dans toutes les villes, à un coin de rue, on se heurte à un 7e régiment de cavalerie qui emploie la même tactique pour occuper une usine à quatre heures du matin qu’un village Indien. J’ai vu la charge du 7e régiment de cavalerie à Paris, boulevard Saint-Michel, à Rome, aux États-Unis. Et puis le monde d’aujourd’hui n’est pas tellement différent de celui du général Custer. Il y a toujours des génocides. Seulement les Indiens, pour moi, ce sont les ouvriers immigrés, le prolétariat opprimé. L’environnement a changé, mais la lutte des oppresseurs contre les opprimés n’a pas cessé. Notre société a toujours les mêmes manières pour imposer son mode de vie, pour tuer toute forme de civilisation qui lui est étrangère.          Marco Ferreri 
 Touche pas à la femme blanche fut une aventure qui allait recevoir un accueil réservé. Peut-être qu’après La Grande Bouffe, le public s’attendait à un autre film du genre scandaleux et que dans celui-ci il n’y a au contraire qu’une transposition d’époque, de costumes, d’événements. C’est un film surréaliste dont la portée satirique échappe sans doute à beaucoup de spectateurs.                     Marcello Mastroianni
 Marco Ferreri était d’une grande « tendresse, amoureux des gens, amoureux des enfants, amoureux du monde » témoignait Michel Piccoli. Comme il n’avait pas sa langue dans sa poche, il a protesté par le cri ou l’ironie contre le critiquable ; ce qui n’a pas été compris ou accepté. 
 Il fut un artiste créateur et un humaniste.

Réalisation: Federico Fellini, Scénario: Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini. 1960; 174'. Avec: Marcello Mastroianni (Marcello Rubini), Anita Ekberg (Sylvia), Anouk Aimée (Maddalena), Yvonne Furneaux (Emma), Magali Noël (Fanny), Alain Cuny (Steiner), Annibale Ninchi (père de Marcello), Walter Santesso (photographe Coriolano Paparazzoa), Valeria Ciangottini (Paola), Lex Barker (Robert), Riccardo Garrone (Riccardo), Nadia Gray (Nadia), Polidor (lclown), Adriano Celentano (chanteur de rock )
 Marcello, chroniqueur mondain, fait le tour de Rome afin d’alimenter sa rubrique. Il y rencontre une faune corrompue et dérisoire qui feint de s’amuser et dissimule mal son ennui …                 Synopsis officiel
-Steiner nous a dit que tu hésitais entre deux amours, tu ne sais pas lequel choisir, journalisme ou littérature. Alors attention à la prison, reste libre comme moi. N’épouse rien, ne choisis rien ; laisse-toi choisir comme pour l’amour. 
-Il y a quelques années je dévorais tous vos poèmes, parce qu’à l’époque je pensais que j’allais en écrire aussi. Vous avez un talent si viril, si clair, on ne dirait pas la voix d’une femme. 
-Qu’est-ce que tu sais des femmes, toi ! 
-La poésie est l’expression formelle que je préfère. Je crois que ce sera l’art de demain. C’est l’art de la clarté, de la netteté. Sans rhétorique inutile, sans mensonge, sans complaisance. Jai un métier qui ne me satisfait pas mais je pense aux exigences du monde de demain. 
-Demain nous y pensons tous. Mais aujourd’hui c’est très important. Il me semble que si on vit d’une façon intense dans une complète plénitude d’esprit et de toutes nos facultés, chaque moment vaut au moins une année …  
-Tu ne ressens rien. Par ce qu’au fond tu n’as jamais aimé personne. Tu n’as jamais su ce que ça voulait dire. Tu es un égoïste. Tu es un malade. Tu ne sais pas ce que tu veux. 
-Laisse-moi. 
-Tu n’es qu’un malheureux. Tu finiras tout seul. Et, alors … qu’est-ce que tu vas faire de ta vie ? …  

1960: Palme d'or Festival de Cannes, Prix David di Donatello Federico Fellini 
1961 : NYFCC Awards Meilleur film étranger 

Réalisation, Scénario: Federico Fellini, Tonino Guerra. 1973; 120'. Avec: Magali Noël (Gradisca), Bruno Zanin (Titta), Armando Brancia (père de Titta), Maggio Pupella (mère de Titta), Nando Orfei (oncle de Titta), Ciccio Ingrassia (oncle fou), Maria Antonietta (buraliste), Tanzilli Josiane (Volpina), Luigi Rossi (avocat), Gianfilippo Carcano (Baravelli)
 Les souvenirs vécus, parfois fantasmés, d’un collégien de Rimini sous le Régime Fasciste.
 Je me souviens des saisons, des paysages, de la ville, de ses habitants, de ma famille, des fascistes, de mes peurs, de mes angoisses, de mes fantasmes, de mes plaisirs, des femmes.                                                 Federico Fellini
 Dites-moi où se retira Tibère lorsqu’il décida de laisser les rênes de l’état. 
 
Car viendra le jour où les ressuscités seront à jamais en lice et sauront faire preuve d’audace et ce, non par le lâche et vil espoir… 
 L’Universel en tant qu’esprit s’incarne dans l’état et ne peut que se retrouver dans l’église. Mais cette réconciliation Etat/Eglise se réalise à travers la personne du Démiurge qui ramène l’ordre parmi les membres et, exigeant une discipline de fer, a le droit d’intervenir dans toute vie individuelle. 

-Comment se fait-il que tu ne fasses pas le salut ? 
-Eh, je, je ne croyais pas que c’était obligatoire. Je ne suis pas au courant des choses politiques… 
-Assieds-toi. Si tu n’es pas au courant de la politique, pourquoi aurais-tu dit «Si Mussolini continue ainsi, je ne sais ce qui arrivera!» 
-Mais, je n’ai jamais rien dit de ce genre… 
-C’est une menace ?                                                                  -Pas du tout. 
-Défiance à l’égard du fascisme, ou propagande subversive ? -Non. 
-Veux-tu boire à la santé du fascisme ?                                     -Mais…

Une œuvre majeure du grand Fellini.
Oscar, NBRMP, NYFCCA USA ; David di Donatello Italia ; Bodil DK
Il Casanova di Federico FelliniRéalisation, Scénario: Federico Fellini, Bernardino Zapponi. 1976; 155'. Avec: Donald Sutherland (Giacomo Casanova), Tina Aumont (Henriette), Cicely Browne (Madame D'Urfe), Carmen Scarpitta (Madame Charpillon), Clara Algranti (Marcolina)
 Le parcours de Casanova, depuis sa condamnation par l’Inquisition, sa fuite en Europe, jusqu’à son déclin et sa mort.
-Giacomo Casanova, tu t’es rendu coupable d’exercices de magie noire, de posséder des livres damnés mis à l’index, d’être l’auteur d’écrits hérétiques et de mépriser la religion. Au nom des Inquisiteurs de Venise je te déclare en état d’arrestation et demande que tu sois immédiatement enfermé. 
-Je respecte le jugement éclairé du tribunal. Mais je suis obligé de vous répéter que je suis totalement innocent.
 La structure de ce film est circulaire. Les épisodes (les femmes) s'y succèdent pour nous dire autrement la même chose : Casanova et son époque ne sont qu'une mécanique vide, peut-être même dénuée d'âme. Le film répète dix fois la même situation avec un Casanova qui se putréfie de plus en plus. Ce film qui pue la mort, dans son faste et sa brillance même, laisse une impression de malaise persistant. Ses gros plans de visages aux yeux vides y sont comme des miroirs de nous-mêmes. Peut-être le plus grand Fellini.                   Dictionnaire mondial des films, Larousse
 Genre : chef-d'oeuvre mortifère. Attention déboulonnage en règle !
 Fellini tenait à régler son compte à Casanova, à démasquer ce personnage qu'il exècre : « Un faiseur d'esclandre, un fanfaron, un super trou du cul, quelqu'un qui a la folie des grandeurs, un fasciste, un amoureux au sperme glacé, une machine à piston humaine, un pantin, un playboy de province, un vieux rustre. »
 La lecture de ses mémoires n'avait inspiré que dégoût au cinéaste. Avec son scénariste Bernardino Zapponi, il choisit donc d'écarter les épisodes glorieux de la vie du chevalier de Seingalt et de garder ceux qui traduisaient sa déchéance et la décadence de l'époque.              
Télérama
Le Voleur de bicyclette. Réalisation, Scénario: Vittorio De Sica, Cesare Zavattini. 1948; 85'. Avec: Lamberto Maggiorani (Antonio Ricci), Enzo Stajola (Bruno), Lianella Carell (Maria Ricci), Gino Saltamerenda (Baiocco), Elena Altieri (dame patronesse), Vittorio Antonucci (voleur), Michele Sakara (secrétaire), Fausto Guerzoni (acteur), Ida Bracci Dorati (bigote), Peppino Spadaro (brigadier), Massimo Randisi (petit garçon), Mario Meniconi (balayeur), Carlo Jachino (mendiant), Checco Rissone (agent), Giulio Battiferri (défenseur du voleur), Giulio Chiari (colleur d'affiches), Sergio Leone (séminariste)
 Dans l’Italie dévastée de l’immédiat après-guerre, un père de famille pauvre trouve difficilement un emploi nécessitant de posséder une bicyclette. Le vol de la sienne s’avère dramatique.
-Nous retrouvons un enfant dans Le Voleur de bicyclette…
-Oui... 

-Est-ce un souvenir en rapport avec l’origine du film ?
 
-Non. L’origine est toujours cet amour que nous avons pour le pauvre être humain victime d’une guerre perdue d’avance. Dans l’Italie de cette époque, il y avait des millions de personnes au chômage. La quête de la bicyclette était un peu le symbole que nous avons trouvé pour attirer l’attention du monde entier sur l’absence de solidarité humaine. 
-Et c’est l’enfant qui symbolise ça ?
 
-La seule personne qui est solidaire de son père, ce pauvre homme, c’est un enfant.                             
Claude Santelli interviewant Vittorio De Sica 
 Le Voleur de bicyclette est un des premiers exemples de cinéma pur. Plus d'acteurs, plus d'histoire, plus de mise en scène, c'est-à-dire enfin dans l'illusion esthétique parfaite de la réalité : plus de cinéma.      André Bazin
 Un style dépouillé pour une œuvre si humaine !
Un grand film.
Oscar, NBR USA ;  BAFTA UK ;  Bodil DK
Miracle à Milan. Réalisation, Scénario: Vittorio De Sica, Cesare Zavattini. 1951; 93'. Avec: Emma Gramatica (Lolotta), Francesco Golisano (Toto), Brunella Bovo (Edvige), Paolo Stoppa (Rappi), Guglielmo Barnabò (Mobbi), Anna Carena (Marta), Alba Arnova (statue vivante), Arturo Bragaglia (Alfredo), Flora Cambi (l'amoureuse), Virgilio Riento (sergent), Erminio Spalla (Gaetano), Riccardo Bertazzolo (athlète), Angelo Prioli (commandant), Francesco Rissone (comdt 2), Enzo Furlai (Brambi), Jerome Johnson (black), Jubel Schembri (chauve), Walter Scherer (Arturo), Egisto Olivieri (avocat de Mobbi), Giuseppe Berardi (Giuseppe), Renato Navarrini (bégayeur)
 Dans la banlieue milanaise, un pauvre orphelin s’en va vivre avec d’autres déshérités installés sur un terrain vague.
 Pour donner vie à ce film qui est le mien, j’ai essayé de trouver le sens d’un petit mot qui aime se cacher un peu partout ; c’est la bonté. Je vous prie de me dire si vous le trouvez ici dans ces images, si vous le reconnaissez au moins ici et là.
                                                                                                   Vittorio De Sica
-Bonjour. 
-Mais, à qui est-ce que tu dis bonjour ?                       -A vous ! 
-A moi ?                                                                       
-Oui ! 
-A moi ! Tu me connais donc ?                                    
-Non. 
-Alors qu’est-ce que tu veux dire avec ton bonjour ? 
-Je veux dire vraiment bonjour.  
-Oh, malheur de malheur, ce sale gosse qui me fait perdre mon temps. On ne peut même plus sortir sans rencontrer un idiot. 

 Des idées, de la tolérance, un flot de tendresse...
Un film émouvant.
Palme d'or France ;  NYFCC USA
Hier, aujourd'hui et demain. Réalisation, Scénario: Vittorio De Sica, Eduardo De Filippo, Cesare Zavattini, Bella Billa, Lorenza Zanuso. 1963; 155'. Avec: Sophia Loren (Adelina Sbaratti, Anna Molteni, Mara), Marcello Mastroianni (Carmine Mellino, Renzo,  Augusto Rusconi), Aldo Giuffré (Pasquale Bardella), Silvia Monelli (Elvira Bardella), Tecla Scarano (Bianchina Verace), Agostino Salvietti (avocat), Carlo Croccolo (bonimenteur), Pasquale Cennamo (capitaine), Lino Mattera (Amedeo Scapace), Armando Trovajoli (Giorgio Ferrario), Gianni Ridolfi (Umberto), Tina Pica (gd-mère), Gennaro Di Gregorio (gd-père)
 Première moitié du vingtième siècle, des histoires différentes se passant dans la société italienne.
 Le film n’est pas, seulement, comme l’ont suggéré certains, la commende énamourée de Carlo Ponti pour sa belle moitié. Il va bien au-delà. C’est un grand film. 
 Sophia Loren a intitulé sa biographie parue en 2014 : "Hier, aujourd'hui et demain". 

-Ces voitures sont d’une telle précision… 
-C’est ma faute, je l’ai laissée à quelqu’un qui n’a jamais conduit plus qu’une Fiat 600. 
-On ne met pas La Divine Comédie entre les mains d’un analphabète.

 Trois villes : Naples, Milan, Rome. Trois histoires : prolétarienne, aristocratique, religieuse. Des histoires qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
 Ou bien, un lien tout de même, l’amour. Peut-être même plus, l’humanité…
Oscar USA
Le Dernier Tango à ParisRéalisation: Bernardo Bertolucci; Scénario: Bernardo Bertolucci, Franco Arcalli. 1972; 125'. Avec: Marlon Brando (Paul), Maria Schneider (Jeanne), Jean-Pierre Léaud (Tom), Massimo Girotti (Marcel), Marie-Hélène Breillat (Monique), Catherine Allégret (Catherine), Veronica Lazăr (Rosa), Catherine Breillat (Mouchette), Rachel Kesterber (Christine), Luce Marquand (Olympia)
 Une jeune Parisienne, cherchant un appartement, rencontre un quadragénaire Américain qui l’entraine dans des relations violentes.
-I don’t know what to call you. 
-I don’t have a name.
 
-I am … 
-No!! I don’t want to know your name. No names. Nothing! 

 Je ne sais pas qui c’est. Il m’a suivi dans la rue. Il a essayé de me violer, c’est un fou ! Je ne sais pas comment il s’appelle, je ne connais pas son nom, je ne sais pas qui c’est …
 L’amour physique comme solution d’une angoisse existentielle ou circonstancielle est certainement une voie sans issue comme certains l’ont déjà rappelé. Le film a fait scandale en 1972 ; cela n’est pas important aujourd’hui. Ce qui l’est plus ce sont les conséquences sur la vie d’une jeune actrice qui était prometteuse. Je ne souscris pas à la mode consistant à juger les personnalités du passé à l’aune des critères d’aujourd’hui. Mais je ne peux que compatir au calvaire et finalement la destruction de la belle Maria Schneider qui, comme cela s’est avéré par la suite, a effectivement dansé dans ce film le dernier tango de sa vie.
Le Dernier Empereur. Réalisation, Scénario: Bernardo Bertolucci, Mark Peploe. 1987; 155'. Avec: John Lone (Puyi, adulte), Joan Chen (Wan Jung), Peter O'Toole (Reginald Johnston), Ruocheng Ying (Jin Yuan, gouverneur), Victor Wong (Chen Pao Shen), Maggie Han (Joyau de l'Orient), Dennis Dun (Grand Li), Ryuichi Sakamoto (Amakasu), Ric Young (interrogateur), Jun Mei Wu (Wen Hsiu), Cary-Hiroyuki Tagawa (Chang), Jade Go (Ar Mo), Fumihiko Ikeda (Yoshioka), Richard Vuu (Puyi à trois ans), Tsou Tijger (Puyi à huit ans), Tao Wu (Puyi à quinze ans), Lisa Lu (Tzu Hsui), Fan Guang (Pujie adulte)
La vie de Pu Yi, 1906-1967, dernier empereur de Chine.
 La Cité Interdite est devenue un théâtre sans public. Alors pourquoi les acteurs restent-ils sur scène si ce n’est pour voler le décor pièce par pièce.                Pu Yi 
 Je me suis tourné vers l'Orient parce je sentais un grand malaise à vivre. Je ne me voyais plus capable de représenter le présent occidental, ou plutôt le présent ne désirait pas être filmé par moi. Mes allers et retours en Chine me font en tout cas regarder l'Europe avec plus de tolérance.  ()
 Au fond, une couleur restera pour moi le lien subtil entre ma ville natale et Pékin : le fameux jaune impérial. C'est fou ce qu'il ressemble à l'ocre des murs de Parme.            
Bernardo Bertolucci
 Après les tempêtes de son tango parisien, le maître Italien était manifestement dans l’attente, la mesure ou la retenue selon le point de vue qu’on privilégie. Il a essayé différents chemins dont l’histoire.  
 Ce film, le plus consensuel et le plus primé, marque une étape. Grande fresque de la Chine du début du vingtième siècle, il brille par le somptueux spectacle de grands évènements historiques et la Cité interdite. Dans une optique plus bertoluccienne, Le Dernier Empereur apparait peut-être aussi comme une réflexion sur l’adaptation d’un homme aux bouleversements de la vie.  
David di Donatello Italie ;  César France ;  Golden GlobeOscar USA ;  BAFTA UK
Pain, Amour et Fantaisie. Réalisation, Scénario : Luigi Comencini, Ettore Maria Margadonna. 1953 ; 90'. Avec: Vittorio De Sica (Maresciallo Carotenuto), Gina Lollobrigida (Maria De Ritis), Tina Pica (Caramela), Maria Pia Casilio (Paoletta), Marisa Merlini (Annarella), Roberto Risso (le carabinier Pietro Stelluti), Memmo Carotenuto (le carabinier Sirio Baiocco), Virgilio Riento (Don Emidio), Guglielmo Barnabò (Don Concezio), Vittoria Crispo (la mère de Maria), Gigi Reder (Ricucio), Checco Rissone (le barbier), Fausto Guerzoni (le paysan), Alfredo Rizzo (le brigadier Bolognini), Mario Meniconi (Matteo), Violetta Gragnani (Giulia Squizi)
 Dans l'Italie de l'après-guerre, un brigadier des carabiniers est muté dans un petit village de montagne. Célibataire plus très jeune, Il commence par remarquer une belle jeune femme, qui regarde ailleurs…
   Ruban d'argent 1954:
 
Meilleure actrice pour Pain, Amour et Fantaisie
        Gina Lollobrigida
 Il arrive aussi au grand Comencini d’avoir un sourire rafraichissant. Une petite comédie amoureuse, dans un coin perdu des montagnes italiennes, comme dans tous les petits villages du monde. Poétique ! 
 Et, un hommage à l’une des Trois Belles Italiennes de l’histoire du cinéma.

Ours d'argent  Berlin
TO: L'Argent de la Vieille. Réalisation, Scénario : Luigi Comencini, Rodolfo Sonego. 1972 ; 110'. Avec: Alberto Sordi (Peppino), Silvana Mangano (Antonia), Bette Davis (la Vieille), Joseph Cotten (George), Mario Carotenuto (Professeur), Domenico Modugno (Righetto), Antonella Demaggi (Cleopatra), Daniele Dublino (Don Roberto), Luciana Lehar (Jolanda), Franca Scagnetti (Pasqualina), Guido Cerniglia (médecin), Piero Morgia (souteneur), Ennio Antonelli (Osvaldo), Dalila Di Lazzaro (infirmière), Giselda Castrini (prostituée), Emilio Cappuccio (balayeur), Federico Somma (majordome)
Une vieille Américaine vient souvent passer quelques jours à Rome. Passionnée de jeux, elle a l’habitude d’y jouer à la scopone scientifico avec un couple de pauvres Italiens d’un bidonville.
 Ce fut un film à succès de Comencini. On y rit aussi, c’est vrai ... Après tout, ce n’est qu’un "jeu" d’argent opposant une ploutocrate à des prolos …
TO: L'ingorgoRéalisation, Scénario : Luigi Comencini. 1979 ; 121 mn. Avec : Annie Girardot, Fernando Rey, Miou-Miou, Gérard Depardieu, Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni, Alberto Sordi, Patrick Dewaere, José Sacristán (le prêtre-ouvrier)
Un énorme embouteillage bloque des centaines de voitures se dirigeant vers Rome. Avec le microcosme.
               La chanson
Embouteillage : 
  vie paralysée,  
  la course s’est arrêtée sur ce chemin perdu. 
Embouteillage : 
  moment de se dire que l’homme court trop vite, 
  comme mon amour qui ne sait où se poser, 
  il touche terre puis s’envole sans s’arrêter. 

 Y a-t-il beaucoup d’hommes en ce monde qui ne rêveraient pas à de telles paroles à leur disparition ?
« Nous te remercions, ô Seigneur, d’avoir rappelé à toi cet homme qui a souffert ici-bas ; afin de le soustraire aux désastres de ce monde. 
 Sauve-nous, ô Seigneur. Sauve-nous du plastique. Sauve-nous des déchets radioactifs. Sauve-nous de la politique de puissance. Sauve-nous des multinationales. Sauve-nous de la raison d’état. Sauve-nous des parades, des uniformes. Sauve-nous des marches militaires. Sauve-nous du mépris dont sont accablés les faibles. Sauve-nous du mythe du rendement et de la productivité. Sauve-nous de tous les faux moralismes. Sauve-nous des mensonges et de la propagande. Respectez la nature, aimez la vie sur terre, unissez-vous charnellement dans le respect de votre prochain. Forniquer n’est pas un péché si vous le faites avec amour.  Amen. »    
 Le prêtre-ouvrier 
Rome, ville ouverte. Réalisation, Scénario : Roberto Rossellini, Sergio Amidei. 1945 ; 100'. Avec: Aldo Fabrizi (Don Pietro Pellegrini), Anna Magnani (Pina), Marcello Pagliero (Giorgio Manfredi/Luigi Ferraris), Harry Feist (major Bergmann), Francesco Grandjacquet (Francesco), Maria Michi (Marina Mari), Giovanna Galetti (Ingrid), Vito Annichiarico (Marcello), Carla Rovere (Lauretta), Nando Bruno (Agostino), Eduardo Passarelli (brigadier), Carlo Sindici (commissaire), Ákos Tolnay (déserteur autrichien), Joop Van Hulzen (major Hartmann), Alberto Tavazzi (prêtre), Amalia Pellegrini (patronne)
 En mars 1944, fin de l’occupation allemande, Rome est déclarée "ville ouverte". Un résistant recherché par la Gestapo cherche de l’aide auprès d’un prêtre.
-Il y a si longtemps que je ne me suis pas confessé que j’en ai un peu honte. J’ai vécu dans le mal, Don Pietro. J’étais si amoureuse et lui si beau et si brave. Très souvent je pensais qu’il aurait pu trouver une jeune fille au lieu d’une veuve avec un enfant de sept et sans le sou. Et la vie était de plus en plus dure. Ah, quand pourrons-nous oublier toutes ses souffrances. Mais le Christ ne nous voit donc pas ? 
-On me pose souvent cette question. Pourquoi laisse-t-il faire ça ? Mais sommes-nous sûrs de ne pas avoir attiré ce fléau ? Sommes-nous certains d’avoir toujours écouté la parole du Seigneur ? 
 Un récit limpide, de la dramaturgie, et des questions. 
 Le bien-fondé, l’intérêt de tout ça … Le courage, le meurtre, le sacrifice … 
 On convient de situer ici les débuts du néoréalisme italien.

Palme d'or  Cannes
Réalisation, Scénario : Roberto Rossellini, Sergio Amidei, Klaus Mann,  Marcello Pagliero, Alfred Hayes, Vasco Pratolini. 1946 ; 126'. Avec: Carmela Sazio (Carmela), Robert Van Loon (Robert), Benjamin Emanuel (soldat am), Raymond Campbell (s am), Harold Wagner (s all), Alfonsino Pasca (Pasquale), Dots Johnson (Joe), Maria Michi (Francesca), Gar Moore (Fred), Lorena Berg (Amalia), Achille Siviero (Cigolani), Harriet White (Harriet), Renzo Avanzo (Massimo), Gigi Gori (Gigi), Giulietta Masina (locataire), William Tubbs (prêtre cat), Newell Jones (pr prot), Elmer Feldman (pr juif), Dale Edmonds (Dale), Cigolani (Cigolani)
 Quelques sketches pendant la Campagne d’Italie, côté Alliés après leur débarquement en Sicile, de l’été 43 à l’hiver 44.
-Non. Rome est plein de filles comme toi. 
-Rome est plein de filles comme moi, ah… 
-Maintenant vous êtes toutes les mêmes. C’était différent à notre arrivée. Ça semble si loin. Les filles étaient heureuses, souriantes, fraiches et belles. On était émus. Elle s’appelait Francesca. Il y a seulement six mois, et je ne la retrouve plus. 
-Pourquoi ne la retrouves-tu pas ? 
-A quoi ça sert d’en parler ? Elle doit être devenue comme les autres. 
-Non, pas elle. Il reste beaucoup de braves filles qui ont travaillé, qui ont réussi à se battre contre la faim, la misère. Elle en est une. 
 Je me suis donné deux objectifs. D’abord, la position morale : regarder sans mystifier, essayer de faire notre portrait d’alors, aussi honnêtement que possible. C’était didactique, précisément parce que l’effort que je faisais avait pour but d’arriver à la compréhension d’événements dans lesquels j’avais été plongé et qui m’avaient secoué. L’autre objectif était de briser les structures industrielles de ces années, d’être capable de conquérir la liberté d’expérimenter sans conditions. Une fois ces deux objectifs atteints, vous vous apercevez que le problème du style est déjà automatiquement résolu. Quand vous renoncez à faire semblant, à manipuler, vous avez déjà une image, un langage, un style. Le langage, le style du néoréalisme sont là : c’est le résultat d’une position morale, d’un regard critique porté sur l’évident.          Roberto Rossellini
 Délicatement, le maître montre ici la vie, l’individu et sa destinée si l’on veut ; pas directement à cause de la guerre, mais sur fond de guerre, l’évènement déterminant d’une vie.
 Un très grand film. Le chef-d’œuvre de Rossellini.

Allemagne année zéro. Réalisation, Scénario : Roberto Rossellini, Carlo Lizzani, Max Kolpé, Sergio Amidei. 1948 ; 74'. Avec: Edmund Meschke (Edmund), Ernst Pittschau (père d'Edmund), Ingetraud Hinze (Eva), Franz-Otto Krüger (Karl-Heinz), Erich Gühne (Ening), Alexandra Manys (Christal), Babsy Schultz-Reckewell (Joe), Hans Sangen (Mr Rademaker)
 Dans les ruines de Berlin, l’été 1945 après la guerre, un enfant vogue livré à lui-même.
 Les Allemands étaient des êtres humains comme les autres ; qu'est-ce qui a pu les amener à ce désastre. La fausse morale, essence même du nazisme, l'abandon de l'humilité pour le culte de l'héroïsme, l'exaltation de la force plutôt que celle de la faiblesse, l'orgueil contre la simplicité. C'est pourquoi j'ai choisi de raconter l'histoire d'un enfant, d'un être innocent que la distorsion d'une éducation utopique amène à perpétrer un crime en croyant accomplir un acte héroïque.             Roberto Rossellini
-Je me suis tue, parce que je ne voulais pas qu’on se dispute devant mon père, vu son état.
-Je n’ai rien commencé, je suis heureux d’être resté en dehors de ça. 
-Parce que tu es un lâche !             -Peut-être. 
-Et horriblement égoïste. Peu importe d’où vient la nourriture. 
-Je n’ai pas obligé Edmund à aller travailler. 
-Non, tu n’as obligé personne et pourtant tu es là et tu as faim et soif. Tu ne t’es pas demandé où je vais le soir et comment je ramène des cigarettes. 
-Je ne les fumes pas.             -Mais tu sais que ça nous rapporte le strict nécessaire. 
-Dois-je t’admirer pour ça ? Toutes les filles font ça aujourd’hui. (…) Je ne veux plus souffrir ; je préfèrerais en finir immédiatement.  
 Dernier volet de la Trilogie de la Guerre, Rossellini après l’Italie, pleure ici le pays dont le sort était lié, et c’est tout à son honneur.
 L’Eternel a détruit la Tour de Babel pour punir l’orgueil des hommes et a créé entre eux la confusion. Les Romains ont dominé le monde, submergés et fatigués, leur capitale, Rome fut saccagée par les Germains. Ces derniers ont continué, s’estimant être devenus des surhommes.
 Les ruines de Berlin sont le symbole de l’inanité de la volonté de puissance et de domination des hommes. Un spectacle émouvant, sur lequel il faut pleurer et méditer.

Léopard d'or  Suisse
Nous nous sommes tant aimés. Réalisation, Scénario : Ettore Scola, Age-Scarpelli. 1974 ; 120'. Avec: Nino Manfredi (Antonio), Vittorio Gassman (Gianni), Stefania Sandrelli (Luciana), Stefano Satta Flores (Nicola), Aldo Fabrizi (Romolo), Giovanna Ralli (Elide, fille Romolo), Marcella Michelangeli (Gabriella), Elena Fabrizi (Mme Romolo), Amedeo Fabrizi (Amedeo, fils Romolo), Ugo Gregoretti (présentateur), Luciano Bonanni (Torquato), Armando Curcio (Palumbo), Marcello Mastroianni, Federico Fellini, Vittorio De Sica
 Trois amis depuis les combats de la Résistance se revoient, et se perdent de vue, de temps à autres sur une période de trente ans. Ils plaisantent ou se plaignent, se racontent leurs histoires, leurs commentaires sur le temps qui passe, la vie.
Quand on a risqué sa vie avec quelqu’un, on lui reste attaché pour l’éternité.
-Ce rapport s’imposait. Le professeur Palumbo, avec son assurance d’intellectuel borné, est un virus de haine sociale qui contamine notre ville. 
- Notre ville ! Elle est déjà contaminée par les individus aussi ignorants et réactionnaires comme vous ! 
 Nous voulions changer le monde mais c’est le monde qui nous a changés.
 Il n’y a pas de nostalgie heureuse, que des nostalgies tristes.
 Tout se termine par le refus sans équivoque de la compromission avec ceux qui, reniant leurs idéaux passés, se sont mis dans le camp qu’ils condamnaient. 
 Un film plein de tendresse pour ceux qui ont voulu faire avancer la société, c’est-à-dire les progressistes, même si, pour une raison ou une autre, ils n’ont pas réussi …


Une journée particulière. Réalisation, Scénario : Ettore Scola, Ruggero Maccari, Maurizio Costanzo. 1977 ; 142'. Avec: Sophia Loren (Antonietta), Marcello Mastroianni (Gabriele), John Vernon (Emanuele), Françoise Berd (concierge), Patrizia Basso (Romana), Tiziano De Persio (Arnaldo), Maurizio Di Paolantonio (Fabio), Antonio Garibaldi (Littorio), Vittorio Guerrieri (Umberto), Alessandra Mussolini (Maria Luisa), Nicole Magny (fille de l'officier)
 La journée particulière est le 6 mai 1938 où le Duce a reçu le Führer à Rome. Pour cette communion des damnés, la ville rutile sous les drapeaux, les fascistes rayonnent dans leurs uniformes, une impressionnante armée marche au pas romain. Restés à la maison deux voisins, à l’écart de tout ça, se rencontrent.
C’est un monsieur tellement bien, ça ne peut pas être un antifasciste !
-"L’homme doit être mari, père et soldat". Moi je ne suis ni mari, ni père, ni soldat. 
-Ça veut dire quoi ? 
-On ne m’a pas renvoyé de la radio à cause de ma voix. « Défaitiste, inutile, et de tendance dépravée » ; voilà ce qu’ils ont dit.
 Le Fascisme italien fut un fascisme ; c’est indéniable, et c’est même le premier fascisme. Mais l’objectivité historique appelle à ne pas le confondre toalement avec le Nazisme, en particulier pour ce qui est du sujet abordé dans ce film.  
 Le Fascisme n’aimait pas les homosexuels et en a déporté environ 300 dans l’île de San Domino, prison à ciel ouvert, en les traitant de "Femminielli". C’est inacceptable, même s’ils furent libérés en 1943. Répondant au reproche qu’il n’y avait aucune loi écrite autorisant cela, Mussolini à dit « Nous n’avons pas besoin de cette loi ; l’Italie est le pays des vrais hommes ! » 
 Le Fascisme a donc voulu les isoler de la société. Il n’a jamais, ne serait-ce qu’en pensée, voulu les exterminer ; contrairement au Nazisme.

 Une réflexion sur les mouvements de masse de la société, le bon et le juste à un moment de l’histoire, un hymne à la tolérance. 
 Le divin "couple" du cinéma italien a joué là, sa meilleure partition. Une œuvre émouvante.

Globi d'oro, David diDonatello, Venezia Classici I, NBR, Golden Globe USA, César  F
La Famille. Réalisation, Scénario: Ettore Scola, Ruggero Maccari, Furio Scarpelli. 1987; 123'. Avec: Vittorio Gassman (Carlo), Fanny Ardant (Adriana), Stefania Sandrelli (Beatrice), Philippe Noiret (Jean Luc), Carlo Dapporto (Giulio), Sergio Castellitto (Carletto), Ricky Tognazzi (Paolino), Ottavia Piccolo (Adelina), Athina Cenci (Margherita), Dagmar Lassander (Marika), Memè Perlini (Aristide)
 Des années 1900 jusqu’aux années 80, à travers les souvenirs d’un homme, l’histoire d’une famille bourgeoise, avec en toile de fond l’histoire du vingtième siècle vue par un Italien.
 Je recherchais l’occasion de rassembler mes souvenirs. Ma biographie n’est certes pas celle d’Hemingway, mais je me rappelais bien les détails du passé, le temps accordé à la conversation, les rencontres régulières des membres de la famille, mon père qui nous racontait son enfance. La télévision n’existait pas. Sa voix ne provoquait pas le vide existant aujourd’hui dans les appartements où l’on ne se parle pas. Ce fut le deuxième motif, plus profond. Je crois que, chez tous les hommes, il y a les mêmes pensées, les mêmes chagrins, les mêmes tendresses. Et j’ai voulu donc, faire un film où rien n’aurait de conclusion, où il existerait un large espace, comme un cahier de notes avec quelques dates, quelques repères.                                   Ettore Scola
-Adriana, aide-moi !                 -Comment je pourrais t’aider ?
- …                                           -Tu viendrais vivre avec moi à Paris ?  
-Ne … 
-Ecoute pendant toutes ces années, quand je ne pensais pas à toi, et que toi tu ne pensais pas à moi, nous avons eu des moments de bonheur. Retrouvons-les.
 Dès l’enfance, l’Histoire était un sujet qui me fascinait et je ne cessais de me demander en mon for intérieur à quel point chaque jour aurait pu différer si César ou Mussolini en avaient changé le cours. Ma sympathie a toujours incliné vers les millions de gens auxquels on a dénié le droit de cité.                                       Ettore Scola
 Il était fasciné par l’histoire, les tragédies vécues par son pays. Mais il n’a jamais oublié l’individu balloté par les évènements et, le plus souvent, les subissant. 
 Il fut un grand artiste et nous lègue là un film nostalgique, plein de tendresse.

David di Donatello, Globi d'oro, Ciak d'oro Italia
Le Bel Antonio.  Réalisation, Scénario: Mauro Bolognini, Pier Paolo Pasolini, Gino Visentini. 1960 ; 94'. Avec: Marcello Mastroianni (Antonio Magnano), Claudia Cardinale (Barbara Puglisi), Pierre Brasseur (Alfio Magnano), Rina Morelli (Rosaria Magnano), Tomas Milian (Edoardo, le cousin d'Antonio), Fulvia Mammi (Elena Ardizzone), Patrizia Bini (Santuzza, la soubrette), Anna Arena (Madame Puglisi), Maria Luisa Crescenzi (Francesca), Jole Fierro (Mariuccia), Cesarina Gheraldi (la tante Giuseppina), Alice Sandro (Nanda), Guido Celano (Calderana)
 En Sicile dans les années 1950, le jeune Antonio commence à faire scandale quand on apprend que son mariage avec la belle Barbara tarde à être consommé.
 Un ou deux ans après la sortie du film, le Brésil ou l'Argentine, je ne m'en souviens plus, a acheté aux Etats-Unis un vieux navire de guerre, mais il n'a jamais fonctionné : alors, ils l'ont surnommé "El bel Antonio" !            Marcello Mastroianni
-Allo, c’est toi Antonio ?                                  -Oui. 
-Je suis content pour toi.                                   -Pourquoi tu es content ?
-Tous tes amis sont contents.                             -Et, Barbara ? 
-Peuh … Y a tellement d’autres choses plus importantes qu’un amour qui  s’est envolé !
 Une œuvre courageuse et émouvante.
 L’annonce de la désespérée Viaccia ?
Léopard d'or Suisse
Le Mauvais Chemin.  Réalisation, Scénario: Mauro Bolognini, Vasco Pratolini, Pasquale Campanile, Massimo Franciosa. 1961 ; 106'. Avec : Jean-Paul Belmondo (Amerigo Casamonti dit Ghigo), Claudia Cardinale (Bianca), Pietro Germi (Stefano, père d'Amerigo), Emma Baron (Giovanna, mère d'Amerigo), Paul Frankeur (Ferdinando), Romolo Valli (Dante), Paola Pitagora (Anna compagne de Dante), Gabriella Pallotta (Carmelinda), Gina Sanmarco (tenancière), Marcella Valeri (Beppa), Giuseppe Tosi (grand-pere Casamonti), Ada Passeri (caissiere bordel), Emilia Moghetti (Serafina), Olimpia Cavalli (prostituée), Dante Posani (Gustavo fils de Beppa), Franco Balducci (adjudant), Claudio Biava (Arlecchino)
 L’Italie rurale, la terre, la famille. L’indivisibilité du domaine agricole face aux problèmes d’héritage.
 Et l’individu, singulier, dans tout ça ?
« Je suis la fable de la maison. Mais ne t’attache pas. Je me lasse facilement. »           Bianca
-Bianca : Nous sommes des bêtes, pas des êtres humains. Voilà pourquoi nous avons un prix. J’y trouve mon compte. 
-Ghigo :
Moi, pas. Je veux être libre. Je suis encore un être humain. Mais c'est vrai que quand je suis auprès de toi, je deviens une bête. 
 Je ne suis pas comme vous, je ne suis pas de votre race. J’ai l’aspect d’un Casamonti, du moins je l’avais. Mais dedans, je suis en verre.         Ghigo
 Et si La Viaccia était le rôle (méconnu) de Belmondo qui restera dans l’histoire du cinéma !