Réalisation, Scénario : Jean Eustache ; 1973 ; 220'
Avec : Jean-Pierre Léaud (Alexandre), Françoise Lebrun (Veronika), Bernadette Lafont (Marie)
- Je suis infirmière. Et vous ?
- Je suis dans l’ennui comme cette secte d’hérétiques dont parle Borges, je crois, et dont la qualité essentielle est dans l'ennui. Pas dans la foi, l'enthousiasme ; dans l'ennui, le nul.
En ces temps-là, les étudiants, les intellectuels trainaient la nostalgie, les promesses non totalement réalisées de Mai 68. Il y avait 50 millions de Français au lieu des presque 70 actuels. C’était une époque de plein emploi, d’insouciance. Les filles, nature, étaient belles avec leur longue chevelure et leurs pantalons à pattes d’éléphant, comme l’attestent les images maintenant vieilles. Il n’y avait ni sida, ni dangereuse pandémie. Les jeunes avaient pourtant un peu de spleen … Sans se rendre compte qu’ils étaient peut-être des privilégiés.
Grand prix, Festival de Cannes 1973
Réalisation : René Clément ; Scénario : René Clément, Paul Gégauff. 1960, 112 mn. Avec Alain Delon, Marie Laforêt, Maurice Ronet.
« Un chef-d'œuvre de thriller psychologique, du genre à donner la chair de poule. » Washington Post
Le souvenir de la fille aux yeux d’or
Réalisation : Jacques Deray ; Scénario : Jean-Emmanuel Conil. 1969 ; 122'. Avec : Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin
L’amour doit-il justifier la compromission suprême ?
Un grand policier avec des réminiscences de "Plein Soleil".
Avec les flamboyantes Romy et Jane B
Réalisation : Jacques Rouffio ; Scénario : Jacques Rouffio, Jacques Kirsner. 1982 ; 110'.
Avec : Romy Schneider (Elsa Wiener / Lina Baumstein), Michel Piccoli (Max Baumstein), Gérard Klein (Maurice Bouillard), Mathieu Carrière (Ruppert von Legaart), Jacques Martin (Marcel Turco)
Romy au crépuscule de sa vie.
Le dernier Romy.
Le souvenir.
La résurrection du passé.
Un film émouvant sur le martyre des Juifs par les Nazis.
Réalisation : Claude Lelouch ; Scénario : Claude Lelouch, Pierre Uytterhoeven. 1966 ; 102'.
Avec : Anouk Aimée, Jean-Louis Trintignant
Le beau film d’amour culte de la fin des années 60 début des années 70. Une belle histoire, une musique prenante, une facture parfaite.
L’Œuvre de Lelouch.
Festival de Cannes : Palme d'or, Prix du jury œcuménique
Golden Globes : Meilleur film en langue étrangère, Meilleure actrice dans un film dramatique Anouk Aimée
BAFTA : Meilleure actrice Anouk Aimée
Réalisation : Édouard Molinaro ; Musique : Ennio Morricone. 1978 ; 103'.
Avec : Ugo Tognazzi, Michel Serrault, Michel Galabru
Le grand succès comique qui ne s’est jamais démodé.
Un grand éclat de rire, qui éveillait sur une réalité.
Et qui annonçait la banalisation actuelle.
Réalisation : Marcel Camus ; Scénario : Marcel Camus, Jacques Viot. 1959 ; 105'. Avec : Breno MELLO (Orfeo), Marpessa DAWN (Eurydice), Lourdes de OLIVEIRA (Mira), Marcel CAMUS (Ernesto), Léa GARCIA (Serafina), Adhemar da SILVA (la Mort)
Le mythe d’Orphée transposé au Brésil.
Un hommage au festival de Rio et à la samba.
« J’ai tout perdu, je n’ai plus rien. Je suis plus pauvre que le plus pauvre des Noirs. »
Le Larousse différencie l’acculturation, adaptation d'une personne à une culture autre que sa culture d’origine, de la déculturation qui est la perte de tout ou partie de la culture originelle au profit d'une culture nouvelle.
La différence entre ces deux notions est-elle effective ou relève-t-elle uniquement de subtilités linguistiques ?
Léopold Sédar Senghor préférait parler de métissage culturel ; il a, entre autres, revendiqué avoir toujours conservé ce qui est ancré aux fondements de sa culture d’origine, le sens du rythme et de la danse.
Palme d'or Festival International de Cannes, 1959.
Oscar Meilleur film étranger, 1960.
Golden Globe Award Film Etranger, 1960.
Réalisation : Denys Granier-Deferre ; Scénario : Denys Granier-Deferre, Jean-Marc Roberts, Yves Stavrides. 1982 ; 98'. Avec : Jean Poiret, Michel Piccoli, Daniel Auteuil, Marie Laforêt
Une vision désabusée du monde de l’entreprise privée.
Seulement privée ?...
On rit. Jaune.
Au film, Télérama avait mis "Hélas".
Moi j’aime bien cette comédie grinçante.
Réalisation : Claude Miller ; Scénario : Claude Miller, Jean Herman, Michel Audiard (dialogues). 1981 ; 84 mn.
Avec : Lino Ventura (inspecteur Antoine Gallien), Michel Serrault (Jérôme Martinaud), Romy Schneider (Chantal Martinaud), Guy Marchand (inspecteur Marcel Belmont), Pierre Maguelon (inspecteur Adami), Jean-Claude Penchenat (commissaire divisionnaire), Elsa Lunghini (Camille), Annie Miller (la mère de Camille)
SERRAULT et VENTURA sont éblouissants dans cette trame de meurtre d’enfant.
Un grand film policier.
Comment on peut passer de témoin à suspect. Et, sur fond de drames personnels, de suspect à coupable résigné.
Grand prix du cinéma français Louis Lumière 1981
Prix Méliès 1981
Réalisation : Patrice Leconte ; Scénario : La troupe du Splendid. 1979 ; 90'. Avec : Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Dominique Lavanan
Une bande de potes qui ont amusé la France entière.
Même si c’est une suite, en amoureux de la montagne, je préfère "Les bronzés font du ski".
Accessoirement, en Savoie, un autochtone m’a fait découvrir la «liqueur de vipère». Mais pas autre chose !
Réalisation, Scénario : Bernard Giraudeau. 1996 ; 112'.
Avec : Bernard Giraudeau (Jean-François de La Plaine), Richard Bohringer (Blanet), Thierry Frémont (Pierre Combaud), Roland Blanche (Monsieur Denis), Raoul Billerey (Abbé Fleuriau), Aissatou Sow (Amélie), France Zobda (Anne Brisseau), Olivier Achard (Monsieur de Kermadec), Vincent de Bouard (Chevalier de Marcera), Christian Rauth (le Capitaine français), Smaïl Mekki (le maître des langues), Moussa Touré (Hannibal), Anna Galiena (Louise de Saint-Agnan), Pierre Arditi (Henri de Breuil), Jean-Claude Brialy (Monsieur de Saint-Chamont), Marie Dubois (la vieille duchesse), Lambert Wilson (Monsieur de la Malène), Victoire Theismann (Madame de la Malène)
La découverte, sur les bords du fleuve Sénégal, de l’Afrique par un aristocrate Français exilé juste avant la Révolution.
Les courbes du grand fleuve africain de l’Extrême Ouest, de la savane sénégalaise jusqu’à son embouchure à Saint-Louis. Un hymne au fleuve, à l’Afrique, à la nature.
L’éloge de la différence et de la rencontre.
Réalisation, Scénario : Agnès Varda. 1985 ; 105'. Avec : Sandrine Bonnaire (Simone Bergeron, dite Mona), Macha Méril (Mme Landier, la platanologue), Stéphane Freiss (Jean-Pierre, l'ingénieur agronome), Yolande Moreau (Yolande), Marthe Jarnias (Lydie), Urbain Causse (un paysan interrogé), Patrick Schmit (le camionneur), Katy Champaud (la jeune fille à la pompe), Laurence Cortadellas (Éliane, la femme de Jean-Pierre), Yahiaoui Assouna (Assoun, le tailleur de vignes tunisien)
La longue errance d’une jeune fille en marge du système. Et le dénouement quasi inéluctable.
Rien envie de faire. Elle est inutile. Et, en prouvant qu’elle est inutile, elle fait le jeu d’un système qu’elle refuse ; c’est l’erreur, c’est pas l’errance. Le Berger
Certains se sont révoltés contre Mona. Pourtant, elle n’a jamais posé un regard explicite sur nous, qui adhérons à un système ou le cautionnons d’une façon ou une autre. Mais peut-être que pour ces personnes, Mona n’a pas besoin de parler ni même de nous regarder. En découvrant ce film, alors que je n’étais qu’étudiant stagiaire, j’ai éprouvé un profond malaise.
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. Hugo
Peut-être que l’œil de Caïn, pour se poser sur quelqu’un, n’a pas besoin que celui-ci ait personnellement commis un crime de sang ?
Mostra de Venise : Lion d'or, Prix FIPRESCI. César de la Meilleure actrice Sandrine Bonnaire. LAFCA Awards : Meilleure actrice, Meilleur film en langue étrangère. Prix Méliès : Meilleur film.
Réalisation, Scénario : Joël Séria. 1975 ; 101'.
Avec : Jean-Pierre Marielle (Henri Serin, représentant en parapluies), Bernard Fresson (Émile, le peintre), Jeanne Goupil (Marie), Andréa Ferréol (Madame Licquois), Claude Piéplu (le pèlerin / le colporteur), Dolorès McDonough (Angéla), Romain Bouteille (le curé), Dominique Lavanant (Marie Pape, prostituée en costume breton), Martine Ferrière (la sœur du barde), Gisèle Grimm (la femme d'Henri)
Le parcours d’un représentant de commerce depuis une vie traditionnelle insatisfaite jusqu’à son dépaysement.
Un grand Jean-Pierre Marielle.
Pas seulement des grivoiseries. L’aspiration à échapper à un quotidien non heureux. La libération du rêve artistique qui a sommeillé en nous ? Les réminiscences de quelques peintres …
Réalisation, Scénario : Alain Jessua. 1964 ; 92'.
Avec : Charles Denner (Jacques Valin), Anna Gaylor (Viviane), Guy Saint-Jean (Fernand), Nicole Gueden (Nicole), Jean Yanne (Kerbel), Yvonne Clech (Mme Kerbel), Robert Bousquet (Paul), André Thorent (le médecin), Nane Germon (mère de Jacques), Jenny Orléans (la concierge), Jean Dewever (le maire)
Jacques Valin modeste employé harassé par son travail, son quotidien, en vient à essayer de prendre ses distances avec les autres, la société. Il y parvient peu à peu.
- Maintenant je l’ai, j’en suis sûr, j’ai le secret. J’avais besoin d’être seul pour savoir vraiment. Le tout c’est de passer de l’autre côté ; une question de volonté. Mais qui ose ? … Les gens ne savent plus se regarder. S’ils se voyaient, ils auraient peur, ils auraient le vertige. Ils ne se connaissent plus.
- J’ai un ami très riche qui s’intéresse à ce genre d’expérience. Et si votre récit lui plait, il vous donnera une chambre dans sa maison près de Paris. Vous serez logé et nourri jusqu’à ce que vous finissiez votre histoire.
J’ai une très belle chambre, très claire, très blanche comme dans une clinique … Je suis heureux, je pourrais rester comme ça très longtemps, sans rien faire.
Finalement je les ai eus.
Je connais des sociétés où le seul fait d’être différent, entraine une suspicion muette.
Un grand film.
Prix des Critiques de films italiens, Mostra de Venise 1964