Titre original. Réalisation, Scénario : Serge Gainsbourg. 1976 ; 83'.   Avec : Jane Birkin (Johnny), Joe Dallesandro (Krassky), Hugues Quester (Padovan), Reinhard Kolldehoff (Boris), Gérard Depardieu (le paysan), Jimmy Davis (Moïse), Michel Blanc (un ouvrier), Ramon Pipin (le guitariste)
     Synopsis (officiel)
 Johnny, serveuse dans un bar pour routiers au milieu de nulle part, mène une vie solitaire dans laquelle elle s'ennuie. Elle tombe amoureuse du conducteur d'un camion à benne, Krassky, faisant fi des mises en garde de son patron Boris, qui lui dit que ce dernier est homosexuel. En raison de l'allure androgyne de la jeune femme, Krassky est néanmoins lui aussi attiré par elle. Leurs amours sont toutefois contrariées par la jalousie du petit ami de Krassky, Padovan.
 Le charme de Jane !
La musique de Guinsbarre.
Une œuvre si controversée !!
César 1977 : Meilleure musique écrite pour un film pour Serge Gainsbourg et Meilleur son pour Antoine Bonfanti
Réalisation : Nina Companeez ; Scénario: Françoise Chandernagor. 1996 ; 240'. Avec: Dominique Blanc (Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon), Didier Sandre (Louis XIV), Valentine Varela (Françoise-Athénaïs de Montespan), Michel Duchaussoy (Paul Scarron), Samuel Labarthe (Louis de Mornay, marquis de Villarceaux), Annie Sinigalia (Ninon de Lenclos), Christian Brendel (Miossens), Geneviève Mnich (Madame de Neuillant), Claude Aufaure (Esprit Cabart de Villermont), Nicole Dubois (Madame de Montchevreuil), Frédérique Tirmont (Madame de Richelieu), Jacques Ciron (L'abbé Boisrobert), Alain Ollivier (Monsieur de Méré), Antoine du Merle (Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine), Daniel Mesguich (prédicateur jésuite Bourdaloue), Bernard Musson (l'évêque), Annie Grégorio (Marie-Thérèse d'Autriche), Vincent Solignac (Louis Monseigneur, le grand dauphin), Pascal Ternisien (Louis de France, duc de Bourgogne), Agathe de La Boulaye (Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne), Fabienne Tricottet (Louise de La Vallière)
 Au 13e siècle la Russie est envahie à l’ouest par les Chevaliers Teutoniques. Le prince Alexandre Nevski prend la tête d’une armée russe et réussit à arrêter l’envahisseur à la bataille du lac Peïpous ou bataille des glaces, qui s’est déroulée en 1242.
 Ceci se passait au XIIIe siècle. Les chevaliers teutoniques étaient en marche contre la Russie. La Russie attirait les conquérants par ses immenses étendues, ses immenses richesses.       Générique initial
 Allez et dites à tous dans les contrées étrangères que la Russie est vivante. Qu'ils viennent chez nous en invités. Mais celui qui viendra chez nous avec une épée périra par l'épée. Telle est et sera la loi de la terre russe.                                                       Générique final
 Le cinéaste privilégie une organisation des lignes, des figures et des sons qu'il met au service d'un pur sensualisme venu de la peinture. … On retrouvera difficilement dans l'histoire du cinéma une telle splendeur plastique dans les scènes de batailles.  Le Monde 21/08/2009
Réalisation : Robert Guédiguian ; Scénario: Françoise Chandernagor, Gilles Taurand. 2021 ; 129'. Avec: Alice Da Luz (Lara), Stéphane Bak (Samba), Issaka Sawadogo (Lassana, père de Samba), Saabo Balde (Jules), Ahmed Dramé (Bakary), Bakary Diombera (Badian, petit frère de Samba), Ben Sultan (Boubakar), Alassane Gueye (Maliki), Diouc Koma (Namori), Miveck Packa (Bintou)
1962. Le Mali goûte son indépendance fraîchement acquise et la jeunesse de Bamako danse des nuits entières sur le twist venu de France et d'Amérique. Samba, le fils d'un riche commerçant, vit corps et âme l'idéal révolutionnaire : il parcourt le pays pour expliquer aux paysans les vertus du socialisme. C'est là, en pays bambara, que surgit Lara, une jeune fille mariée de force, dont la beauté et la détermination bouleversent Samba. Samba et Lara savent leur amour menacé. Mais ils espèrent que, pour eux comme pour le Mali, le ciel s'éclaircira...          Synopsis officiel
 À l’image de la révolution malienne, la danse, la joie, la beauté et la jeunesse des corps et des âmes donnent à ce film un élan et une vitalité jouissive. Cette ode à la vie, à la pureté des idéaux et à l’évidence du premier amour, ne peut qu’accoucher d’un drame. On connaît la suite. La Françafrique qui refuse et combat toute tentative socialiste dans ses anciennes colonies africaines, la corruption généralisée, les coups d’État militaires à répétition. Bref, le terreau idéal pour l’implantation d’un islam radical et des groupes djihadistes qui mettent aujourd’hui toute l’Afrique sahélienne à feu et à sang, imposant le pire des obscurantismes !     Journal de FO
Le regard plein d’empathie du cinéaste n’empêche pas sa lucidité sur le pouvoir corrupteur des chefs de village ou des notables urbains, qui s’accommodent tous fort bien d’un colonialisme persistant, ou sur le sort terrible réservé aux femmes maliennes, en 1962 comme aujourd’hui. Le didactisme des dialogues est parfois appuyé, mais en s’inspirant avec brio des images du photographe Malick Sidibé pour sa mise en scène, Guédiguian propose un bel hommage à cette jeunesse d’hier dont les aspirations font écho à celle d’aujourd’hui.               Télérama
Réalisation: Christophe Cupelin. 2014; 90'. Avec: Hugo Chávez, Pedro Carmona, Jesse Helms, Colin Powell, George Tenet
La Révolution Burkinabé et la page Thomas Sankara.
         Thomas Sankara : lumière sur un homme intègre 
“Capitaine Thomas Sankara”, de Christophe Cupelin. Le documentaire de Christophe Cupelin dessine l’itinéraire à la fois intime et public du dernier grand révolutionnaire africain. Une ode à l’action politique et à la joie de vivre.                                           L’Humanité 
 Notre révolution ne peut triompher et avoir un sens que si les autres peuples eux-aussi luttent à se débarrasser des maux que nous combattons. Qui sont les ennemis de l’Afrique, qui sont les alliés de l’Afrique, quelle idéologie pour l’Afrique ? Il faut la Révolution et il y aura la Révolution en Afrique ; et surtout, il faut l’unité africaine. L’Unité Africaine se fera par la force et les exigences des peuples.                         Thomas Sankara
 Sankara, que l’on surnomme parfois « le Che africain », est une icône aujourd’hui en Afrique. Il faut dire que ce n’était pas un dirigeant comme les autres. Il était en avance sur son temps : c’était un féministe avant l’heure, un écologiste aussi, qui avait pris très tôt la mesure du changement climatique. Intransigeant, il ne tolérait aucun privilège, et il n’était pas du genre à mâcher ses mots - ses discours enflammés à la tribune de l’ONU ont marqué les esprits. Idéaliste, il voulait transformer son pays et pensait qu’il fallait pour cela s’émanciper de toute forme d’impérialisme, notamment de la Françafrique. De quoi se créer bien des ennemis, dans son pays comme sur la scène internationale. En 1987, sa mort semblait inéluctable, et lui-même le savait…                     France Inter
 Aujourd’hui 25 mars 2024, nous sommes à la veille des Journées d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne. Elles rendent hommage au Père de la Révolution, le capitaine Thomas Sankara. Le 26 mars 1983, encore premier ministre, il se demandait qui sont les ennemis du peuple. Son combat devait permettre au Burkina d’être libre, souverain, respecté, indépendant. Il a posé plusieurs actes patriotiques : la bataille du rail, la lutte pour l’émancipation de la femme, la lutte pour l’environnement. Aujourd’hui, nous poursuivons le même combat.               Ibrahim Traoré
Festival Black Movie de Genève 2013 : Prix du Public
 "La révolution est terminée". À la fin du siècle dernier, la formule a fait date. Mais rien n'était plus faux. Il suffit, pour s'en convaincre, de déplacer le regard hors des régions occidentales, à Tunis, Alger, Hong Kong ou Téhéran. Étendre dans l'espace mais aussi dans le temps, bien avant le XVIIIe siècle, l'enquête sur les révolutions, en montrer les dynamiques transnationales, les échos, les reprises, les "modèles" comme les singularités, telle est l'ambition de cette histoire globale.        LUDIVINE BANTIGNY, La Découverte 2023 
 Pour conclure ce rappel des révolutions marquantes qui me sont venues en mémoire, ou que je connais, je signale l’œuvre dont je mets l’image ci-contre. Ce n’est pas un film mais une étude dirigée par une historienne qui s’est penchée sur le sujet.
 Parmi les révolutions, je retiens la portée, l’ampleur, la crédibilité, la conviction et l’honnêteté des dirigeants pour ce qu’ils faisaient même s’ils se trompaient, la volonté d’unité continentale. Dans cette logique, je peux citer par ordre alphabétique les noms ci-dessous.
Salvador ALLENDE,     Che GUEVARA, Mouammar KADHAFI,    Modibo KEITA, Patrice LUMUMBA,  Kwame NKRUMAH, Jerry RAWLINGS,               Sékou TOURE,
Ruben UM NYOBE.
T.O.: Charulata.  Réalisation, Scénario: Satyajit Ray. 1964; 115'. Avec: Soumitra Chatterjee (Amal), Madhabi Mukherjee (Charulata), Sailen Mukherjee (Bhupati, mari), Syamal Ghosal (Umapada), Gitali Roy (Mandakini), Bholanath Koyal (Braja), Suku Mukherjee (Nisikanta), Dilip Bose (Sasanka), Subatra Sensharma (Motilal), Joydeb (Nilatpal Dey)
 A la fin du 19e siècle, la riche bourgeoise Charulata se sent négligée par son mari très occupé. Ce dernier demande à son cousin Amal de tenir compagnie à la belle et à encourager son intérêt littéraire.
Je te connais, je te connais / Oh mademoiselle, Oh belle étrangère. / Tu habites au-delà des sept mers, / Oh belle étrangère… / Je t’ai vue un jour d’automne, / Et encore une nuit de mai. / Je t’ai vue dans le fond de mon cœur, / Oh toi, belle étrangère. / J’ai tendu l’oreille vers le ciel, / J’ai entendu ta voix. / Je ne peux nier mon amour pour toi, / Oh, belle étrangère.
                                                                       
[Chant d'Amal avec piano]

-Mon premier cheveu blanc.. Charu, ma femme chérie, tu n’écris plus ?  - … 
-Tu sais pourquoi j’aime tant tes écrits ?                                       
- Pourquoi ? 
-Parce que je les comprends. Les autres, je ne les comprends pas.
 Le scénario est tiré de la nouvelle "Nastanirh" (Le nid brisé) publiée en 1901 par Rabindranath Tagore. Ray nous montre une banale histoire de rencontre, mais merveilleusement racontée. A un moment, Charu a l’idée d’un essai, elle commence spontanément par le titre « Le nid du coucou » ; elle se ravise, barre le mot nid et l’intitule finalement « La peine du coucou ». Toute la compréhension, muette, entre deux êtres est dans cette rectification. Deux êtres d’une haute tenue morale, qu’on peut élargir à trois individus qui ont fini par accepter et atteindre une certaine hauteur humaine. Une œuvre admirable.
Prix de l'OCIC                                    Ours d'Argent
TO: Le fatiche di ErcoleRéalisation : Pietro Francisci ; Scénario : Pietro Francisci, Ennio De Concini, Gaio Fratini. 1958 ; 100 mn. Avec : Steve Reeves (Hercule), Sylva Koscina (Iole fille de Pélias), Fabrizio Mioni (Jason), Gianna Maria Canale (Anthéa, reine des Amazones), Gabriele Antonini (Ulysse), Ivo Garrani (Pélias), Arturo Dominici (Eurysthée), Mimmo Palmara (Iphitos), Lydia Alfonsi (la sibylle), Aldo Fiorelli (Argos), Gino Mattera (Orphée), Walter Grant/Gian Paolo Rosmino (Esculape), Afro Poli (Chiron), Gina Rovere (la première Amazone) 

Le film qui a lancé la vogue du péplum des années 60
 Des libertés avec la mythologie gréco-romaine. Le film ne relate pas les douze, en comptant les deux refusés, travaux d’Hercule ; mais seulement deux. Peu importe, le monde antique renait. Le spectacle est là.
Le Général Della Rovere. Réalisation, Scénario : Roberto Rossellini, Sergio Amidei, Diego Fabbri, Indro Montanelli. 1959 ; 132'. Avec: Vittorio De Sica (Emanuele Bardone/cnl Grimaldi/gl Della Rovere), Hannes Messemer (cnl Muller), Sandra Milo (Olga), Giovanna Ralli (Valeria), Anne Vernon (Carla Fassio), Vittorio Caprioli (Aristide Blanchelli), Giuseppe Rossetti (Fabrizio), Lucia Modugno (partisane), Luciano Pigozzi ( partsn), Nando Angelini (ptsn), Bernardo Menicacci (ptsn), Kurt Polter (officier allemand), Kurt Selge (Schrantz), Franco Interlenghi (Antonio Pasquali), Linda Veras (Allemande), Mary Greco (Mme Vera), Baronessa Bazzani (comtesse Della Rovere)
 A Gênes en 1943, sous la Repubblica di Salò, un viveur escroc profite de l’oppression des partisans. Arrêté, il est contraint par les Allemands à jouer le rôle d’un chef de la Résistance.
 Ce qui a rendu si difficile la carrière de Rossellini c'est, je crois, qu'il a toujours traité "à égalité" avec le public, alors qu'il est lui-même un homme exceptionnel ; il ne s'attarde pas, il n'explique pas, il ne développe pas, il ne brode pas, il jette ses idées très vite les unes après les autres. On a pu écrire de lui : "Il ne démontre pas, il montre", mais sa rapidité d'esprit, sa logique, son extraordinaire faculté d'assimilation, lui font prendre les devants et parfois semer ses spectateurs. Cette faculté d'assimilation, cette soif de généralités contemporaines, sont lisibles en clair dans le simple énoncé de sa filmographie : Rome, ville ouverte concerne une ville ; Païsa, l'Italie tout entière, du Sud au Nord ; Allemagne, année zéro, le grand pays vaincu et détruit ; Europe 51, notre continent reconstruit matériellement, mais non moralement. Il s'agit en somme pour Rossellini de retrouver l'homme que tant de fictions abusives nous ont fait perdre de vue, de le retrouver d'abord par une approche strictement documentaire, puis de le jeter dans une intrigue la plus simple possible, le plus simplement possible racontée.               François Truffaut
Lion d'or  Mostra de Venise