Le Kid. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1920; 54'. Avec: Charles Chaplin (vagabond), Edna Purviance (mère), Jackie Coogan (gosse), Carl Miller (artiste séducteur), Tom Wilson (policier), Monta Bell (policier), Charles Reisner (costaud), Henry Bergman (lprofesseur Guido, patron asile de nuit), Albert Austin (escroc), Mickey Daniels (père du costaud), Sydney Chaplin 'inspecteur de l'Assistance)
Un nouveau-né abandonné par une fille-mère est trouvé par un modeste vitrier qui, n’arrivant pas à s’en débarrasser l’élève. L’enfant et son père adoptif deviennent inséparables.
A picture with a smile, and perhaps, a tear.
En exergue
The woman whose sin was motherhood.
Une comédie dramatique chez les prolétaires. Le premier Chaplin est un cri d’amour à la paternité, un hymne aux enfants et au peuple.
C’est à ce titre, qu’il fut inscrit au National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès.
L'Opinion publique. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1923; 78'. Avec: Edna Purviance (Marie St Clair), Clarence Geldart (Mr St Clair), Carl Miller (Jean Millet), Lydia Knott (Mme Millet), Charles French (Mr Millet), Adolphe Menjou (Pierre Revel), Betty Morrissey (Fifi), Malvina Polo (Paulette), Nellie Bly Baker (masseuse), Henry Bergman (maître d'hôtel), Charles Chaplin (porteur), Bess Flowers (mannequin), Karl Gutman (chef d'orchestre)
Marie vit avec son père tyrannique dans un petit village français. Un soir, elle s’échappe pour aller vivre son fiancé Jean à Paris.
Time heals, and experience teaches that the secret of happiness is in service to others. En Epilogue
Perfect love is the most beautiful of all frustrations because it is more than one can express. Charlie Chaplin, My Autobiograpy
Un drame de Chaplin. Le public en fut désorienté. Sa peinture d’une certaine vie parisienne et des accidents de la destinée vaut le détour. Mais c’est vrai qu’il est difficile de ne pas être fidèle à son étiquette, même si on s’arrête parfois à la superficie de cette supposée étiquette.
La Ruée vers l'or. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1925; 90'. Avec: Charlie Chaplin (le prospecteur), Mack Swain (Jim McKay), Tom Murray (Black Larsen), Georgia Hall (Georgia), Henry Bergman (Hank Curtis), Betty Morrissey (une amie de Georgia), Malcolm Waite (Jack Cameron)
Un homme affronte les périls du Grand Nord dans la Ruée vers l’or.
Just turn your tears to laughter / And joy will follow after / If May days you remember / You’ll soon forget December / Instead of asking pity / Just say you’re sitting pretty / Then you will see that life will be / A wondrous melody.
With You Dear. Music and Lyrics by Charles Chaplin
Une banale histoire de chercheur d’or ; le danger, la fin, les désillusions. Chaplin en a fait de l’or, avec une fin inespérée.
Le Cirque. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1928; 73'. Avec: Charlie Chaplin (un clochard - a tramp), Al Ernest Garcia (directeur du cirque), Merna Kennedy (Merna, l'écuyère), Harry Crocker (Rex, l'équilibriste), Betty Morrissey (la femme qui disparaît), George Davis (professeur Bosco), Henry Bergman (vieux clown blanc), Tiny Sandford[2] (garçon de cirque), John Rand (assistant du propriétaire), Steve Murphy (pickpocket), Doc Stone (boxeur)
Un vagabond fuyant trouble la routine d’un cirque, au grand plaisir du public. Il y est alors accueilli, à l’essai, avec des égards.
Swing little girl / Swing high to the sky / And don’t ever look at the ground / If you’re looking for rainbows / Look up to the sky / You’ll never find rainbows / If you’re looking down.
Life may be dreary / But never the same / Someday it’s sunshine / Someday it’s rain.
Swing little girl / Swing high to the sky / And don’t ever look to the ground / If you’re looking for rainbows / Look up to the sky / But never, no never, look down.
Swing Little Girl. Music and Lyrics by Charles Chaplin
Une comédie dramatique où on rit, parfois. Comme dans la vie.
Les Lumières de la ville. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1925; 90'. Avec: Charlie Chaplin (vagabond), Virginia Cherrill (jeune aveugle), Florence Lee (grand-mère), Harry Myers (millionnaire), Hank Mann (boxeur), Allan Garcia (valet), Henry Bergman (le maire et le concierge), Albert Austin (le balayeur et l'escroc), John Rand (l'autre vagabond), James Donnelly (contremaître)
Un vagabond erre dans une grande ville qui vient d’inaugurer le monument "Paix et Prospérité". Dans la rue, il est ému par le regard d’une marchande de fleurs…
In City Lights, friendship and social ranking are not always as they seem. We enter a world of a disenchanted bourgeoisie, where a tramp is king and a blind girl, queen.
Editor's Comment
Beautiful eyes / What have they seen to make them so beautiful? / Wonderful eyes / What have they dreamed to make them so wonderful? / Sorrowful eyes / What have they lost to make them so sorrowful? / Beautiful wonderful eyes.
Beautiful Wonderful Eyes. Music and Lyrics by Charles Chaplin
Un regard de Chaplin sur les modestes dans la grande ville. Il arrive qu’on y rie ; mais même alors, avec un peu de gêne émue.
Les Temps modernes. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1936; 88'. Avec: Charles Chaplin (Charlot), Paulette Goddard (La gamine), Henry Bergman (Le propriétaire du restaurant-dancing) Stanley "Tiny" Sandford (Big Bill), Al Ernest Garcia (Le directeur d'Electro Steel Corp)
Subjected to the infernal production rate of the factory, a model worker suddenly has a nervous breakdown and goes mad. From hospital, to prison, to unemployment, the Little Tramp gets caught up in the sprockets and cogs of modern industrialization. Publisher's synopsis
"Modern Times", A story of industry, of individual enterprise, humanity crusading in the pursuit of happiness. In Exergue
Les dialogues peuvent avoir leur place ou pas dans la comédie… mais ils n’ont pas de place dans le genre de comédies que je fais… En ce qui me concerne, je sais que je ne peux pas avoir recours aux dialogues. Charlie Chaplin
Face à la Grande Dépression de 1929, les doutes de Chaplin sur le progrès industriel et la déshumanisation qu’il pouvait amener.
D’autre part, l’apparition du cinéma parlant, auquel il ne croyait pas, l’amenait à se réinventer sur son mode d’expression qu’il voulait universel, c’est-à-dire non lié à une langue particulière.
Le Dictateur. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1940; 127'. Avec: Charles Chaplin (Adenoid Hynkel, dictateur de Tomania/le barbier juif), Paulette Goddard (Hannah), Jack Oakie (Benzini Napaloni, dictateur de Bacteria), Reginald Gardiner (Shultz), Henry Daniell (Garbitsch), Billy Gilbert (Herring), Grace Hayle (Mme Napaloni), Carter DeHaven (ambassadeur de Bacteria)
A l’automne 1938, alors qu’on Europe signait les accords de Munich, Chaplin achevait la première ébauche d’un scénario écrit dans le plus grand secret.
Publisher's synopsis
I’m sorry, but I don’t want to be an emperor. That’s not my business. I don’t want to rule or conquer anyone. I should like to help everyone - if possible - Jew, Gentile - black man - white. We all want to help one another. Human beings are like that. We want to live by each other’s happiness - not by each other’s misery. We don’t want to hate and despise one another. In this world there is room for everyone. And the good earth is rich and can provide for everyone. The way of life can be free and beautiful, but we have lost the way. The Great Dictator
Chaplin attaque le nazisme en mettant en évidence plusieurs caractères dangereux : le racisme, la brutalité et la mégalomanie d'Hitler, le militarisme. Le premier message est qu'Hitler est dangereux : il risque de détruire la Terre si on la lui laisse entre les mains. Le second est qu'il ne faut laisser personne imposer son diktat, qu'il faut lui résister si l'on veut vivre libre. Memorial de la Shoah
The Great Dictator a-t-il fait rire comme les autres Chaplin ? Oui. Peut-on rire de tout ? Oui quand on connait le sujet ou que la blague l’éclaire. Sur ce plan, Chaplin a réussi son objectif, informer sur ce qui fut l’horreur absolue.
Toute ressemblance est exclue avec ce qui se passe aujourd’hui où, le plus souvent, les guerres sont présentées de façon délibérément mensongère selon le bord de l’informateur.
Les Feux de la rampe. Réalisation, Scénario: Charles Chaplin. 1952; 137'. Avec: Charlie Chaplin (Calvero), Claire Bloom (Terry), Nigel Bruce (Postant), Buster Keaton (le partenaire de Calvero), Sydney Chaplin (Neville), Andre Eglevsky (Harlequin), Melissa Hayden (Colombine), Marjorie Bennett (madame Aslop), Barry Bernard (John Redfern), Stapleton Kent (Claudius), Leonard Mudie (dr Blake), Cyril Delevanti (clown Griffin)
Au début des années 1940, un grand comédien vieillissant voit son public s’éloigner. Les lumières de la scène tardant à revenir pour lui, il commence à entrevoir à son départ …
L’éclat des feux de la rampe, que doit quitter la vieillesse quand la jeunesse entre en scène. L’histoire d’une ballerine et d’un clown … En Exergue
Le soir il jouait mais tandis que les gens riaient / Deux petits chaussons de satin blanc / Sur le cœur d’un clown dansaient gaiement / Ils ont tant tourné qu’un soir d’été / Le cœur du clown trop essoufflé s’est arrêté / Deux petits chaussons de satin blanc / Sur le cœur d’un clown dansaient gaiement / A vingt ans l’on ne sait pas toujours / Que même un clown ça peut mourir d’amour.
Deux petits chaussons (Eternally), Musique Charles Chaplin, Paroles Jacques Larue
Le dernier grand Chaplin. Et c’est un drame où, sur fond de réminiscences du passé et de belles séquences de ballet classique, on fait ses adieux au personnage de Charlot. Une œuvre émouvante.
Le chant du cygne du plus grand des comédiens.
Réalisation, Scénario: Alfred Hitchcock, Joan Harrison, Robert Sherwood. 1940; 131'. Avec: Laurence Olivier (Maxim de Winter), Joan Fontaine (Mrs de Winter), Georges Sanders (Jack Favell), Judith Anderson (Mrs Danvers)
Un riche veuf ramène sa nouvelle femme dans sa grande demeure. Aucun des deux n’arrive à effacer le souvenir de l’ancienne maitresse des lieux.
Rebecca is a film about abusive relationships, and the way power might shift within them – and, most unusually, even for its time – its hero is the worst of the abusers. The romantic might view Laurence Olivier's Max de Winter as someone haunted by his past; the realist would see him as someone haunted only by his inability to control his past, specifically his titular deceased wife, and so he alights upon Joan Fontaine's gauche, clumsy (and nameless) gentlewoman's companion as a wife who will give him no trouble.
The Guardian
-I wonder if I did a very selfish thing in marrying you.
-How do you mean? Our marriage is a success, isn’t it, a great success? We’re happy, aren’t we? Terribly happy?
-How can I answer you, when I don’t know the answer myself? If you say we’re happy, let’s leave it at that. Happiness is something I know nothing about.
Un grand Hitchcock. Du suspens jusqu’au bout. Je ne sais plus pourquoi cette vieille citation m’est venue en tête. « C'est un œuf de serpent qui, s'il était couvé, serait aussi méchant que tous ceux de sa race. Il le faut, dans sa coque, écraser sans pitié », attribué à César, par Shakespeare.
Psychose. Réalisation, Scénario: Alfred Hitchcock, Joseph Stefano. 1960; 109'. Avec: Anthony Perkins (Norman Bates), Janet Leigh (Marion Crane), Vera Miles (Lila Crane), John Gavin (Sam Loomis), Martin Balsam (Milton Arbogast)
Un riche veuf ramène sa nouvelle femme dans sa grande demeure. Aucun des deux n’arrive à effacer le souvenir de l’ancienne maitresse des lieux.
The whole design of "Psycho" was to reduce the violence on the screen as the film progressed and to increase the sense of violence in the audience's mind. By the end of the film I wanted the audience to actually feel the violence that they would never see on the screen.
Alfred Hitchcock
-Où allez-vous ? … Je ne voulais pas être indiscret.
-Je cherche une île privée.
-Que fuyez-vous ?
-Pourquoi me demandez-vous ça ?
-Je ne sais pas. On ne réussit jamais à fuir quoi que ce soit … Je pense que chacun est pris dans sa propre trappe. Que chacun y est coincé, et que personne ne pourra jamais en sortir.
-Parfois, on pose délibérément le pied dans une de ces trappes …
-Je suis né dans la mienne. Je ne m’en préoccupe plus maintenant.
Le plus célèbre des Hitchcock. Avec un éclairage que seuls les psys pouvaient apporter.
Réalisation, Scénario: David Lean, Wynyard Browne, Norman Spencer. 1954; 104'. Avec: Charles Laughton (Henry Hobson), John Mills (Willie Mossop), Brenda de Banzie (Maggie Hobson), Daphne Anderson (Alice Hobson), Prunella Scales (Vicky Hobson), Richard Wattis (Albert Prosser), Derek Blomfield (Freddy Beenstock), Helen Haye (Mrs Hepworth)
Henry Hobson, veuf alcoolique, a trois filles en âge de se marier. Il leur refuse la moindre dot, pensant ainsi les garder à la maison pour les faire travailler dans la cordonnerie familiale.
Thomas Hobson was the owner of a livery stable in London in the late nineteenth century. He had a firm rule that customers had to take the horse nearest the stable door or do with no horse at all. The phrase has come to mean a free choice that is actually no choice at all - a delicious sort of verbal paradox. Robert del Valle, Detroit
This scrutiny of British behavior was famously elaborated in Lean’s Dickens adaptations Great Expectations and Oliver Twist—literary-cinema masterworks that combined imaginative folklore with classical British narrative tradition. Lean gave that tradition new life in Hobson’s Choice, based on a theatrical warhorse by Harold Brighouse, first performed in the United States in 1915, perhaps as a caricature of Englishness. But Hobson’s Choice was soon thereafter embraced by Britons, who approved Brighouse’s farce as a genuine reflection of their own culture, habits, and humor. Armond White
Une belle comédie, sociétale, de David Lean. Eloignée de l’épopée historique ?
Goldener Bär Berlin, BAFTA UK
Réalisation, Scénario: David Lean, Robert Bolt, Michael Wilson. 1962; 218'. Avec: Peter O'Toole (TE Lawrence), Anthony Quinn (Auda Abu Tayi), Alec Guinness (prince Feisal), Arthur Kennedy (Jackson Bentley), Omar Sharif (Sherif Ali Ibn El Kharish), Claude Rains (Dryden), Michel Ray (Farraj), John Dimech (Daud), Jack Gwillim (secrétaire), Hugh Miller (cnl RAMC), Jack Hawkins (gnl Allenby), José Ferrer (le Turc), Anthony Quayle (cnl Harry Brighton), IS Johar (Gasim), Gamil Ratib (Majid), Zia Mohyeddin (Tafas), Donald Wolfit (gnl Murray), Howard Marion-Crawford (off méd), Barry Warren (sheik arabe), Noel Howlett (vicaire Saint-Paul), Jack Hedley (reporter Saint-Paul)
Dans les années 1916, le lieutenant anglais Lawrence, apprécié par les peuples arabes, les assiste pour se libérer des Ottomans.
-Mes amis, qui veut marcher sur l’eau ? Qui veut venir avec moi à Deraa ?
-Il y a une garnison là-bas. Tu veux l’attaquer à vingt contre deux mille ?
-Oui s’il le faut.
-Pourquoi ?
-Parce que j’ai dit aux généraux anglais que la révolte arabe sera à Deraa avant que vous soyez à Jérusalem.
-Ou peut-être tu es là pour les généraux anglais !
-Qui dit ça ?
-La rumeur.
-Bon voyage, colonel Lawrence.
-Il n’y a plus rien à faire ici pour un guerrier. Mon ami Lawrence. Nous faisons du marchandage. C’est l’affaire des hommes âgés. Les hommes jeunes font la guerre et les vertus de la guerre sont celles de la jeunesse : le courage et la foi. Ce sont les hommes d’âge qui font la paix et les vices de la paix sont ceux des adultes : la méfiance et la prudence.
La fin de la domination ottomane sur les peuples arabes vue par le roi des œuvres épiques. Des batailles dans le décor majestueux du désert.
Une vision aujourd’hui controversée par les Arabes, à l’image des doutes de Lawrence lui-même plus tard.
Oscar US, Golden Globe, BAFTA UK, David di Donatello I
La Bataille d'Angleterre. Réalisation, Scénario: Guy Hamilton, Wilfred Greatorex, James Kennaway. 1969; 127'. Avec: Laurence Olivier (gnl Hugh Dowding), Curd Jürgens (baron von Richter), Michael Caine (Canfield), Trevor Howard (Keith Park), Harry Andrews (Francis Stokes), Kenneth More (cpt Baker), Susannah York (Maggie Harvey), Wilfried van Aacken (gnl Theo Osterkamp), Karl-Otto Alberty (gnl Hans Jeschonnek), Dietrich Frauboes (mrl Erhard Milch), Peter Hager (mrl Albert Kesselring), Wolf Harnisch (gnl Johannes Fink), Hein Riess (mrl Hermann Göring)
Le déroulé de la Bataille d’Angleterre, la plus grande campagne aérienne de l’histoire. Elle a opposé la RAF anglaise à la Luftwaffe allemande qui voulait écraser l’aviation britannique pour amener le Royaume Uni à la paix ou au moins à la négociation.
-Nous bombardons jour et nuit, Reichsmarschall. Nos pertes sont importantes, nos pilotes épuisés...
-Soyez plus clair ! Que voulez-vous dire ?
-Les anglais ont changé de tactique. Ils attaquent en grand nombre.
-J'ai promis au Führer de dégager le ciel et de pulvériser la RAF. J'attends exécution !
[Quelques mois plus tard, Goering quittant ses généraux en France :]
-Non seulement vous m'avez déçu, mais vous m'avez trahi !
La BBC : "Hier 165 avions allemands ont été abattus durant les attaques de l'ennemi sur Londres et le sud-est. Nous avons perdu 30 avions, 10 pilotes sont sains et saufs."
Le Ministre de l'Air appelle le Air Chief Marshal Hugh Dowding :
-Dowding. Ecoutez, nos envoyés à Washington... sont harcelés par la presse américaine. Les Allemands prétendent que ces chiffres sont le fruit de notre imagination.
-…
-Allô ? Vous êtes là, Dowding ?
-Je suis là, Monsieur le ministre.
-Pouvez-vous vérifier ces chiffres ?
-La propagande ne m'intéresse pas, Sir. Si nous avons raison, ils abandonneront. Si nous avons tort, alors tout le monde le saura car ils seront à Londres dans une semaine.
Jamais dans le champ des conflits humains tant de gens n'ont dû autant à si peu de personnes. Winston Churchill
De juillet 1940 à mai 1941, veille de la Campagne de Russie, environ un millier d’aviateurs Anglais ont livré un combat héroïque à des forces deux fois supérieures, d’où l’hommage de Churchill. La moitié sont tombés. Leur lutte ne doit jamais être oubliée.
Un pont trop loin. Réalisation, Scénario: Richard Attenborough, William Goldman. 1977; 170'. Avec: Dirk Bogarde (Browning), Michael Caine (Vandeleur), Sean Connery (Urquhart), Anthony Hopkins (cnl Frost), Ryan O'Neal (Gavin), Robert Redford (Julian Cook), Hardy Krüger (Ludwig), Liv Ullmann (Kate Ter Horst), Gene Hackman (Sosabowski), Edward Fox (Horrocks), James Caan (Dohun), Elliott Gould (cnl Stout), Laurence Olivier (dr Spaander)
Imaginée par le maréchal Montgomery, l’Opération Market Garden de septembre 1944, fut la plus grande campagne aéroportée de l’histoire. Market consistait à parachuter 35 000 soldats Anglo-Américains derrière les Allemands aux Pays-Bas afin de prendre des ponts sur le Rhin. Market devait amener 50 000 hommes, par percée rapide, pour repousser les renforts Allemands et sécuriser les ponts afin que le gros de l’armée alliée vienne pénétrer directement dans la Ruhr et obtenir la capitulation allemande avant Noël.
Officier des renseignements briefant le général Browning :
-Ça vaut la peine d’être vu mon général. -Je ne vois qu’un paysage hollandais.
-Là, j’ai fait un agrandissement, mon général. -…Oui. Pour moi ce n'est pas un problème.
-Mon général, vous le voyez ! Ce sont des tanks !
-Oui, mais je doute fort qu’ils soient utilisables.
-Mon général s’ils étaient hors service, pourquoi essaient-ils de les camoufler ?
-Simple routine, Fulher. -Nous avons aussi des informations de la Résistance Hollandaise.
-Je les ai parcourues. Le maréchal Montgomery aussi. Soyons sérieux. Nous avons des milliers de photos, combien montrent des tanks. -Il n’y a que celle-ci, mon général.
-Et vous voulez que pour ça nous annulions la plus grande opération depuis le Jour J ?
-Non, mon général.
Après le "repli" le général Urquhart se rend au QG du général Browning :
-Bonjour Roy, comment allez-vous ?
-Je ne suis pas encore sûr de ma réponse. Je déplore la manière dont ça s’est déroulé. J’ai conduit 10 000 hommes vers Arnhem, il m’en reste moins de 2 000.
-Je viens d’avoir Monty, il avoue sa fierté et son plaisir. -Plaisir !
-Bien sûr. Il trouve que Market Garden est à 90% réussie. -Mais vous, qu’en dites-vous !?
-Moi, je maintiens que nous sommes seulement allés un pont trop loin.
Certains élaborent des plans optimistes, avec des pions exécutant sur le champ de bataille. Si ça réussit ils sont honorés. Sinon, c’est qu’il y a eu un défaut d’exécution …
Si le maréchal Montgomery a toujours dormi tranquillement, il faudrait au moins lui reconnaitre des nerfs d’acier.
Réalisation, Scénario: Miguel Gomes. 2012; 154'. Avec: Teresa Madruga (Pilar), Ana Moreira (Aurora jeune), Carloto Cotta (Ventura jeune), Manuel Mesquita (Mário), Laura Soveral (Aurora à l'âge adulte), Isabel Cardoso (Santa), Henrique Espírito Santo (Ventura âgé)
Un Portugais âgé se souvient de sa grande histoire d’amour, alors qu’il était jeune et vivait dans une colonie en Afrique.
Cours aussi loin que tu peux, aussi longtemps que tu veux, tu n’échapperas pas à ton cœur.
Pauvre âme triste !
La vie personnelle d’un couple séjournant dans une colonie portugaise d’Afrique des années 1960. La campagne africaine rappelant le paradis perdu. En filigrane, les guerres de libération commençantes …
Prix Sophia, Globo de Ouro PT, FIPRESCI, Alfred-Bauer Berlin,
Prix Léon-Moussinac BE, Premio Carthagène
Réalisation, Scénario: Maria de Medeiros, Ève Deboise. 2000; 120'. Avec: Stefano Accorsi (capitaine Maia), Maria deMedeiros (Antonia), Joaquim deAlmeida (Gervasio), Frédéric Pierrot (Manuel), Fele Martinez (Lobao), Manuel Joao Vieira (Fonseca), Marcantonio delCarlo (Silva)
Le récit de la Révolution des Œillets qui mit fin au régime dictatorial et colonialiste portugais de cette époque.
-Tiens, c’est moi qui avais ton journal. J’avais besoin de savoir. Les guérilleros, le napalm, … Toute cette horreur. - …
-Cet enfant que tu as laissé, c’est une fille ou un garçon ? C’est la seule chose pour laquelle je ne t’en veux pas. Même si j’étais seule ici avec Amelia. Je suppose que cette femme africaine…
-Il n’y a pas de femme ni d’enfant, Antonia. Ils sont morts. Une action militaire absurde comme il y en a tant dans cette guerre. On n’a rien pu faire pour l’éviter, on a perdu aussi un ami très cher … Ce jour-là on a décidé de ne plus jamais tuer.
Dans les années 1960, les colonies africaines de Guinée-Bissau, d’Angola, du Cap-Vert et du Mozambique se révoltent. Le pouvoir impérialiste consacre 42 % de son budget à ses guerres coloniales, pendant que sa population subit de plein fouet la crise économique. La révolution se prépare dans le but d'éradiquer les injustices et les inégalités sociales, construire un régime de liberté et de démocratie pour l’émancipation sociale et politique du peuple afin d'affirmer la souveraineté et l’indépendance nationale. Lors de la révolution d’Avril, le MFA voulait redonner le pouvoir aux civils à l’issue d’élections libres.
Cinquante ans plus tard, le Portugal commémore. Que reste-t-il d’Avril ? La Révolution des œillets fut un formidable moment démocratique mais aussi un puissant élan à l’origine de nombreuses conquêtes sociales : retraite universelle, congés payés, accès gratuit à la santé… Le PCF, avril 2024
La Révolution des Œillets à travers le regard d’une femme qui l’a vécue. Un témoignage bouleversant.
Globo de Ouro PT, Prémio Mostra Internacional de São Paulo
Réalisation, Scénario: Fernando Arrabal. 1973; 90'. Avec: Emmanuelle Riva (mère), George Shannon (Aden Rey), Hachemi Marzouk (Marvel), Marco Perrin (Oscar Tabak), Marie-France (Bijou Love), Antoine Marin (boucher)
Une femme a été tuée, et son fils a disparu. Le film débute par la présence de ce jeune homme au volant d’une jeep, dans le Sahara.
-Dans mon monde il y a plein de choses qui font de la vie un immense paradis. Par exemple, la télévision.
-Raconte comment c’est.
-La télévision est une femme aveugle qui enseigne la philosophie et qui caresse les recoins les plus souillés de notre cerveau.
-Que pensez-vous du plus important logicien depuis Aristote, Kurt Gödel ?
-C’est une personnalité extraordinaire. Ses deux théorèmes d’incomplétude représentent de diverses manières l’état d’esprit du XXe siècle. L’homme incapable de se comprendre. Saviez-vous qu’il croyait aux fantômes ? Beaucoup des plus remarquables hommes de sciences croyaient aux anges, aux démons et toutes sortes de choses non scientifiques. Pour moi, ce besoin de transcendance est complètement fascinant.
-Pensez-vous qu’avec Gödel, l’humanité arrête définitivement d’essayer de se comprendre elle-même à travers la raison et la logique ?
-J’emploierais un terme plus simple que cela : Tohu-Bohu. Ce qui précédait la création, ce qui est entendu dans la Bible comme le chaos avant que Dieu n’ordonne le tout. C’est le chaos avec la rigueur mathématique de la confusion.
Arabal interviewé par Pau Guinart
Il fut poète, romancier, cinéaste. Il a symbolisé l’avant-garde espagnole "violente". Il n’estimait pas son œuvre angoissée ; mais un rêve qu’on prend du plaisir à découvrir comme lui quand il les transcrivait. Même si ces rêves, à mon avis, appellent une réflexion sérieuse après coup.
Il fut assimilé au Surréalisme, puis créa son propre mouvement Panique. On peut jeter un coup d’œil sur ce qu’il fait, en occultant certaines images …
Vivre vite. Réalisation, Scénario: Carlos Saura, Blanca Astiasu. 1981; 100'. Avec: Jose Antonio Valdelomar (Pablo), Jesus Arias Aranzeque (Meca), Jose Maria Hervas Roldan (Sebas), Berta Socuellamos Arco (Angela), André Falcon (Caissier), Alain Doutey (Garde), Yves Arcanel (Contrôleur de gestion)
La dérive de quatre jeunes gens pendant la Transition Espagnole, courte période de l’après Franco.
-Qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas te marier avec Pablo ?
-Je ne pense pas. Ça t’attache trop.
-Mais si tu vis avec un homme tu es forcément lié à lui, non ?
-Non, parce que dans ce cas tu peux te séparer si tu as envie.
-Tu peux aussi même si tu es mariée.
-En fin de compte, c’est quoi le mariage ? Un prêtre, une bénédiction, un bout de papier…
Il est normal qu’à la fin brutale d’un régime fort, souffle un vent de liberté, voire de de perte de repère pouvant frôler une légère anarchie ; même dans une société jusque-là très catholique.
Peindre une telle société, est tout à fait opportun. Est-ce suffisant pour faire une grande réalisation ? La Berlinale a répondu par l’affirmative en récompensant Deprisa de l’Ours d’Or.
Femmes au bord de la crise de nerfs. Réalisation, Scénario: Pedro Almodóvar. 1988; 89'. Avec: Stefano Accorsi (capitaine Maia), Maria deMedeiros (Antonia), Joaquim deAlmeida (Gervasio), Frédéric Pierrot (Manuel), Fele Martinez (Lobao), Manuel Joao Vieira (Fonseca), Marcantonio delCarlo (Silva)
Les amours contrariés d’une Madrilène des années quatre-vingt racontés sur le ton du vaudeville.
-Surtout, ne lui dite pas que je suis venu.
-Je regrette, je suis témoin de Jéhovah, ma religion m’interdit de mentir. Je dois seulement dire la vérité.
Pedro Almodóvar tricote le vaudeville avec une frénésie personnelle. Mailles à l'envers et aiguilles farceuses : il emmêle et pervertit les ficelles classiques de la comédie de boulevard. Quiproquos gigognes, adultères farfelus, hystérie parodique : le héraut-héros de la Movida shoote Feydeau aux amphétamines. A travers sa folle farandole de personnages fantoches, Almodóvar raille l'Espagne post-franquiste, qui se croit libérée de son corset moral et danse, au fond, un sabbat très bourgeois. Il livre un croquant portrait de femme, celui de Carmen Maura-Pepa, diva des crises de nerfs, suave comme un bonbon au poivre.
Télérama
On rit parfois. Mais en n’oubliant pas que ça se passe à un moment historique d’une certaine gravité.
Goya ES, National Board of Review US
Tout sur ma mère. Réalisation, Scénario: Pedro Almodóvar. 1999; 104'. Avec: Cecila Roth (Manuela), Marisa Paredes (Huma), Penelope Cruz (Rosa), Antonia san Juan (Agrado)
La vie et les drames d’une femme militante, ses contacts et ses liens avec les milieux marginaux.
-Nous les femmes, on est prêtes à tout pour ne pas être seules.
Le désir de se retrouver d’une femme, après le drame majeur de sa vie. Une incursion dans le monde de la nuit et du spectacle avec ses excès et dérives.
Choquante parfois, mais jamais sordide, une vision qui laisse apparaitre de la compassion et une tendresse certaine. Par-dessus tout, un amour maternel touchant.
Goya ES, Oscar film étranger US, César FR, BIFA UK
Réalisation, Scénario: Pedro Almodóvar. 2006; 121'. Avec: Pénélope Cruz (Raimunda), Carmen Maura (Irene), Lola Dueñas (Sole), Blanca Portillo (Agustina), Yohana Cobo (Paula), Chus Lampreave (Tante Paula), Antonio de la Torre (Paco), María Isabel Díaz (Regina), Yolanda Ramos (la présentatrice TV), Leandro Rivera (L'assistant de l'équipe de cinéma)
Une poignée de femmes Espagnoles, leurs vies avec leurs tragédies.
-Comment ça se passait avec elle ?
-Petite, elle était mon trésor ! Mais une fois arrivée à l’adolescence, pour une raison que j’ai longtemps ignorée, elle s’est peu à peu éloignée de moi. Jusqu’à me détester. Quel malheur quand une fille rejette sa mère !!
J’ai peur d’affronter le passé qui de nouveau fait irruption dans ma vie/ J’ai peur des nuits qui peuplées de souvenirs/ Enchaînent mes rêves/ Mais le voyageur qui fuit/ Tôt ou tard cesse sa marche/
Revenir/ Le front fané/ Les tempes argentées/ Par les neiges du temps/ Sentir/ Que le regard fébrile/ Errant dans les ombres le cherche et l’appelle/
Vivre/ L’âme cramponnée/ À un doux souvenir/ Que je pleure encore une fois.
Chanson de Raimunda
La mort est présente. Mais ce n’est pas lugubre, du fait d’une belle facture et une héroïne étincelante. Et finalement la foi en la vie.
Goya ES, BAFTA UK, European Film Awards EU
Douleur et Gloire. Réalisation, Scénario: Pedro Almodóvar. 2019; 113'. Avec: Antonio Banderas (Salvador Mallo), Asier Etxeandia (Alberto Crespo), Leonardo Sbaraglia (Federico), Nora Navas (Mercedes), Julieta Serrano (La mère), Raúl Arévalo (Le père), Cecilia Roth (Zulema)
Un réalisateur vieillissant fait un flashback sur sa vie, sa gloire passée, et s’égare dans des voies obscures pour repartir.
- Trente-deux ans. J'ai revu le film la semaine dernière.
-Tu ne l'avais pas revu ?
-Pas depuis la sortie. Je ne devrais pas dire ça, mais il m'a ému.
-Moi, j'ai toujours adoré ce film.
-La Cinémathèque a restauré le négatif et prévoit plusieurs projections. Je dois le présenter, autant le faire avec Alberto.
-Tu ne lui en veux plus, c'est bien.
-Cet enfoiré n'a pas joué le personnage que j'avais écrit. À l'époque, je l'aurais tué. Je ne lui en veux plus. En revoyant le film, je trouve son interprétation meilleure.
-C'est ton regard qui a changé, mon cher. Le film est le même.
J’avais besoin de porter un regard très introspectif, y compris sur la partie la plus sombre de moi-même, et de mélanger ça avec les souvenirs les plus lumineux de mon enfance. Pedro Almodovar
L’une des dernières grandes sorties du maitre espagnol. Une introspection crédible, et surtout le regard avisé d’un artiste sur sa vieillesse et son adieu à la scène.