Le cinéma  E-Euro
Les Demoiselles de Wilko. Réalisation, Scénario: Andrzej Wajda, Zbigniew Kaminski. 1979; 118'.  Avec: Daniel Olbrychski (Wictor Ruben), Anna Seniuk (Julcia), Christine Pascal (Tunia), Maja Komorowska (Jola), Krystyna Zachwatowicz (Kazia), Stanislawa Gelinska (Zosia), Zbigniew Zapasiewicz (mari de Julcia), Zofia Jaroszewska tante de Wictor)
 Pologne des années 1930, Victor vétéran de guerre dévasté par la mort d’un ami, vient se reposer quelques jours chez son oncle à la campagne. Il revoie quatre sœurs qu’il a connues dans sa jeunesse, les Demoiselles de Wilko.
-Eh oui, l'adolescence, des choix inconnus, perte de temps … Après il n'y avait plus d'occasion, ni de volonté pour y revenir. 
-Pourquoi tu vis de souvenirs ? 
-Tu vois, c'est comme... avec cette fraise des bois tardive. Je la mets dans ma bouche, je la sens, elle me rappelle le mois de juin, pourtant on n'y est plus. C'est une illusion, … que rien n'a changé... 
-Je sais ce que tu penses. Mais ça m’est égal. 
-Il n’y a pas longtemps, tu disais autre chose. 
-"L’accomplissement de notre souvenir, de nos sentiments, devrait rester au niveau de l’irréalisation …"
-Oui. … Ça n’avait pas le niveau de notre flirt d’adolescents.
-Vous travaillez trop, Oncle ! Il faut se ménager. Asseyez-vous un instant. 
-Ce n’est rien. Ça va passer… 
-Je crois comprendre pourquoi vous ne dormez pas la nuit. Pas pour la même raison que moi. 
-Tu vois, je ne voudrais pas qu’elle me surprenne. Je veux l’accepter tout conscient. J’aimerais voir l’esprit qui se détache du corps. Et voir si c’est douloureux. C’est ma réconciliation, mon rapprochement …
-Tu veux continuer à gâcher ta vie ? L’amour ne te manque pas ? 
-Si, j’ai connu l’amour. Il m’a glissé entre les doigts; non pas naguère, mais jadis.
 L’amour, la mort, les aléas des évènements. Toutes les choses de la vie. Une symphonie achevée.
 Il y a des films dont on se souvient toute sa vie. Panny z Wilka fait partie de cette catégorie d’exception. C’est le chef-d’œuvre de Wajda.

Réalisation, Scénario: Andrzej Wajda, Jean-Claude Carrière. 1982; 136'.  Avec: Gérard Depardieu (Danton), Wojciech Pszoniak (Robespierre), Patrice Chéreau (Camille Desmoulins), Roger Planchon (Fouquier-Tinville), Andrzej Seweryn (Bourdon), Angela Winkler (Lucile Desmoulins), Jacques Villeret (Westermann), Roland Blanche (Lacroix), Emmanuelle Debever (Louison Danton), Boguslaw Linda (Saint-Just), Gérard Hardy (Tallien), Lucien Melki (Fabre d'Eglantine), Tadeusz Huk (Couthon)
 Été 1793, le Comité de salut public, à l'instigation de Robespierre, instaure la Terreur. La famine réapparaît, entraînant la révolte, et les têtes tombent. Danton, regagnant Paris, s'oppose à Robespierre.              Synopsis Editeur
 Citoyens, je doute comme vous de l'honnêteté de Danton. Pourtant, je m'oppose  à son exécution. Le Tribunal révolutionnaire ne peut pas être la justice. Il est une arme pour châtier tous les ennemis de la patrie et non pas pour sévir contre les criminels. Exécuter Danton précipitera la bourgeoisie dans la contre-révolution. Nous allons finir par ébranler la foi du peuple dans la Révolution. Et par là même, nous serons obligés de gouverner par la terreur qui n'est pas autre chose que le désespoir.            Robespierre
 Leur soif d'idéal ne connaît aucune limite. Ils ne voient plus d'hommes, ils ne voient que des spéculateurs, des scélérats, des traîtres ! Au nom des principes de la Révolution, ils en ont oublié la Révolution elle-même. Ils ont établi une dictature plus féroce que l'ancienne. Par crainte du retour des tyrans, ils sont devenus tyrans !            Danton
 Parmi les chefs révolutionnaires, Danton a été l'un de ceux dont l'action et l'influence ont été le plus discutées. Ses panégyristes [le] considéraient l'incarnation du patriotisme révolutionnaire. [Ses détracteurs ont prouvé qu’il était] opportuniste et corrompu (Georges Lefebvre, Gabriel Pioro).  
 Ce fait étant admis, bien des points demeurent à l'actif du grand Cordelier. Patriote intransigeant, à la décision rapide autant qu'audacieuse, Danton a tout mis en œuvre pour sauver la France de l'invasion. D'un tempérament généreux, il a été exempt de petitesse et de jalousie ; ignorant la rancune (La haine est étrangère à mon caractère), il a, bien en vain, cherché à réaliser l'union entre les partis. Il n'est pas douteux non plus que son activité ait largement contribué à la marche en avant de la Révolution.    Encyclopédie Larousse
 L’un des meilleurs films sur le déclin et la fin de la Révolution Française.
Prix Louis-Delluc FR ;  BAFTA UK
Le Bois de bouleaux. Réalisation, Scénario: Andrzej Wajda. 1970; 91'.  Avec: Olgierd Lukaszewicz (Stanislaw), Daniel Olbrychski (Boleslaw), Emilia Krakowska (Malina), Marek Perepeczko (Michal), Elzbieta Zolek (Ola), Danuta Wodynska (Katarzyna), Mieczyslaw Stoor (le frère de la propriétaire du piano), Alina Szpak (la propriétaire du piano)
 Un jeune musicien malade vient passer ses derniers jours à la campagne, chez son frère récemment veuf.
-Tu m'espionnais ?                                   -  
-Parfois, on veut juste être seul. Tu te souviens de ce que disait Maman ? "On n'a pas le droit d'entrer dans l'âme de quelqu'un d'autre avec des bottes !"
-Je suis venu ici pour y mourir. Pourquoi n'y a-t-il pas de rossignols ici ? 
-Il y en a ; mais ils ont arrêté de chanter.
 Elle aimait ce bois de bouleaux, les forêts, le printemps. Elle est allongée là, sous les bouleaux. C'est mieux pour elle... et pour moi. Je ne suis pas croyant, Je ne sais pas comment prier. J'y vais, c'est tout. Et, je sens qu'il y a quelqu'un là-bas, parmi les bouleaux.
 D'habitude, dans mes films, je n'ai pas le temps de regarder la nature. La nouvelle de Jaroslaw Iwaszkiewicz, un écrivain très important de notre littérature nationale, m'en a donné l'occasion. Écrite en 1930, elle est, en fait, intemporelle. Elle est très belle, très riche psychologiquement. L'idée que la nature est une force panthéiste recréant de la vie à partir de la mort m'est chère. J'aurais pu aller simplement dans une forêt de bouleaux et la contempler pour moi-même. Mais je ne peux arriver à bien comprendre quelque chose, ici les rapports de la nature avec l'homme, qu'à travers un film. Il faut que je puisse montrer aux autres ce que je ressens, ce que je découvre.                         Andrezj Wajda
 Un Wajda tout en tendresse printanière. Malgré la douleur, le souvenir, les regrets, les points sombres, …  
 La mort est là, en filigrane ; presque dans l’apaisement. Elle ne contrecarre pas la vie, et… encourage même à la savourer.

Réalisation, Scénario: Andrzej Wajda, Agnieszka Holland. 1990; 113'.  Avec: Wojciech Pszoniak (Janusz Korczak), Ewa Dałkowska (Stefa Wilczynska), Zbigniew Zamachowski (Ichak Szulc), Agnieszka Krukówna (Ewa), Aleksander Bardini (Adam Czerniaków), Maria Chwalibóg (Mme Czerniaków), Janusz Bukowski (Médecin polonais)
 L'histoire du docteur Janusz Korczak, médecin chargé de s’occuper d’orphelins juifs dans le ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre.
 Que t’ai-je fait ô mon Dieu, pour que Tu m’abandonnes au moment où mes pieds se prennent dans les ronces, où mes mains et mon cœur saignent ? J’appelle : Hommes ! Pas de réponse. Maman ! Rien. Et, en dernier lieu, Dieu ! Rien. Seul.
 Il nous faut, malgré tout, essayer de vivre, quoi qu’il en soit.              
Janusz Korczak
 "Great lives are just like legends, difficult but beautiful," wrote Janusz Korczak. On August 6, 1942, Korczak, the famous physician, writer and teacher became a legend. On that day, the SS forced him to gather together 200 orphaned children under his care in the Warsaw Ghetto. Korczak had fought for several years to protect them and give them hope. He made no attempt to save his own life, although he could have escaped through his connections with influential people. Korczak led his children, who proudly carried a banner with the Star of David, quietly and calmly to the train that took them to Treblinka. Scripted by Agnieszka Holland, KORCZAK is a tribute to one heroic Polish Jew who maintained incredible dignity and humanity in the face of unspeakable events.           Jewish Film Institute
 Un film qui a soulevé des polémiques en Pologne et en France pour différentes raisons. Comme la plupart des films sur la Dernière Guerre. 
 Le docteur KORCZAK, l’homme qui a consacré sa vie aux enfants menacés par l’abomination,  fait partie des gens qui honorent la nature humaine. Et Wajda lui a rendu un juste hommage.

Les Fleurs bleues. Réalisation, Scénario: Andrzej Wajda, Andrzej Mularczyk. 2016; 100'.  Avec: Boguslaw Linda (Wladyslaw Strzeminski), Aleksandra Justa (Katarzyna Kobro), Bronislawa Zamachowska (Nika Strzeminska), Zofia Wichlacz (Hania), Krzysztof Pieczynski (Julian Przybos), Mariusz Bonaszewski (Madejski), Szymon Bobrowski (Wlodzimierz Sokorski), Aleksander Fabisiak (Rajner), Paulina Galazka (Wasinska), Irena Melcer (Jadzia), Tomasz Chodorowski (Tomek)
La vie du peintre d’avant-garde Wladyslaw Strzeminski et ses problèmes dans la Pologne communiste de l’époque stalinienne.
 La nation est en droit d'imposer des exigences aux artistes. Et l'une des plus importantes, est que la profondeur d'une œuvre d'art, ses objectifs, ses intentions, répondent aux besoins du peuple, sans soulever de doutes, quand il a besoin d'être enthousiaste, de croire en la victoire, sans glorifier l'effondrement quand le peuple rêve de vivre et de travailler. 
 Le Parti défendra le réalisme socialiste même s'il peut causer un certain schématisme. Ce n'est pas un problème. Révoltons-nous contre cet art formaliste et cynique qui manque d'idéologie, contre l'art capitaliste décadent et contre le cosmopolitisme américain. Je répète donc avec vigueur : l'art qui proclame être dénué d'idéologie est l'ennemi du travailleur !       
Ministre Culture
 Qu'est-ce qu'une œuvre d'art ? Pour moi, elle doit prendre une forme spécifique. J'ai toujours dit que je me battrais pour le modèle le plus adapté à l'époque, car l'art est un laboratoire de formes. Seuls comptent ceux qui ouvrent la voie aux nouvelles formes. L'art nouveau doit exiger le respect, non pour son utilité, mais pour sa supériorité. 
 Mais je vois qu’on cherche à effacer la frontière entre art et politique. Pis encore, dans l'intérêt d'un seul groupe.           Wladyslaw Strzeminski
 L’art est une création intellectuelle qui ne saurait avoir des limites fixées par une autorité sous peine de se scléroser. Les régimes totalitaires du vingtième siècle ont donc eu, en dehors de tout parti pris politique, tort de condamner des voies ou d’indiquer d’autres. 
 La dernière œuvre du grand Wajda est un bel hommage à un peintre novateur, aux arts graphiques et une initiation à l’art en général.

Réalisation, Scénario: Krzysztof Kieślowski, Krzysztof Piesiewicz. 1991; 98'.  Avec: Irène Jacob (Weronika et Véronique), Halina Gryglaszewska (tante), Philippe Volter (Alexandre Fabbri), Kalina Jedrusik (femme bariolée), Claude Duneton (père Véronique), Aleksander Bardini (chef d'orchestre), Louis Ducreux (professeur), Jerzy Gudejko (Antek), Sandrine Dumas (Catherine), Lorraine Evanoff (Claude), Guillaume deTonquédec (Serge), Gilles Gaston-Dreyfus (Jean-Pierre), Wladyslaw Kowalski (père Weronika), Janusz Sterninski (avocat), Alain Frérot (facteur)
 Deux jeunes femmes, Veronika la polonaise et Véronique la Française. Elles ont le même âge, le même physique, toutes deux amoureuses de musique.
 Qu’en est-il de leurs destinées respectives ?
-Véronique, je sais maintenant pourquoi c’était toi. 
-Oui… Moi, je le savais. Tout. Pendant toute ma vie, j’ai eu l’impression d’être ici et ailleurs. C’est difficile à expliquer …

 Il y a les hypersensibles qui disent sentir des choses que la plupart des autres ne perçoivent pas. Il y a eu d’illustres poètes qui ont transcrit des correspondances ... 
 Pour un matérialiste dialectique, il y a les possibles ; ça a été ainsi, ça aurait pu être autrement. Chacun a certainement des doubles physique et intellectuel ; qui ont vécu ou vivent ailleurs et dont le parcours a pu différer plus ou moins à cause des choix ou des circonstances. Cette vision est peut-être moins poétique que la première.

OCICFIPRESCI Cannes, Best US
Tu ne tueras point. Réalisation, Scénario: Krzysztof Kieślowski, Krzysztof Piesiewicz. 1988; 87'.  Avec: Miroslaw Baka (Jacek Lazar), Krzysztof Globisz (Piotr Balicki), Jan Tesarz (un chauffeur de taxi), Zbigniew Zapasiewicz (Przewodniczacy Komisji)
 Un jeune homme, tout juste arrivant de sa campagne, assassine un chauffeur de taxi à Varsovie.
-Quel est selon vous la signification de la prévention générale ? 
-En gros, elle agit sur le condamné mais pas sur les autres, pour qu’ils ne se trouvent pas dans le même cas. Il s’agit simplement de faire peur aux autres. 
-Votre ton est ironique … 
-Non. Je précise. C’est un argument douteux pour moi, de la peine, souvent injuste.        
Soutenance du CAPA de Piotr Balicki, avocat de Jacek Lazar
 En général, les hommes sont bons, mais ils sont déformés par le système social et politique. Presque tous les films montrent des gens qui sont bons et rejettent la responsabilité de ce qui ne va pas sur le système, pas sur les individus.                          Krzysztof Kieślowski
 La Bible de Jérusalem rapporte, dans Le Décalogue, que L’Eternel a dit : "Tu ne tueras point". Et le meurtre était puni de mort. 
 Trois mille ans après, on applique encore cette loi dans certains pays. Il est à noter que la peine de mort existe en Israël, peut-être pour le symbole hébraïque, mais n’est pas appliquée. La seule personne exécutée, à ma connaissance, est le Nazi Adolph Eichmann en 1962.

Golden Lion PL ; Jury PrizeFIPRESCI Cannes, Best US ; Bodil DK ;  European Film Award EU
Trzy kolory. Biały. Réalisation, Scénario: Krzysztof Kieślowski, Krzysztof Piesiewicz. 1993; 100'.  Avec: Juliette Binoche (Julie), Benoît Régent (Olivier), Florence Pernel (Sandrine), Charlotte Véry (Lucille), Hélène Vincent (journaliste), Philippe Volter (agent immobilier), Emmanuelle Riva (mère), Claude Duneton (médecin), Alain Decaux (ami de l'oraison funèbre), Isabelle Sadoyan (servante), Pierre Forget (jardinier), Catherine Thérouenne (voisine), Yann Trégouët (Antoine), Jacek Ostaszewski (flûtiste), Florence Vignon (copiste), Daniel Martin (voisin), Alain Ollivier (avocat)
 Une femme se réveille à l’hôpital après l’accident de voiture qui a détruit sa famille. Comment tout reprendre ?
-Je n’ai plus de maison. J’étais heureuse. Je les aimais et ils m’aimaient aussi. ...  Maman, tu m’écoutes ? 
-Je t’écoute, Marie-France.
 
-Maintenant j’ai compris, je ne ferai plus qu’une chose : rien. Plus de possession, plus de souvenirs, d’amis, d’amour ou d’attaches. Ce sont les pièges.

 Je pense être plutôt un réaliste qu’un romantique, mais je voudrais avant tout être un auteur. Je ne considère pas du tout le cinéma comme un métier, mais comme un moyen d’expression. Le film, pour moi, ce n’est pas du tout le maquillage, les projecteurs, la star type Hollywood, mais seulement la pensée. Voilà mon problème de cinéaste d’aujourd’hui.          Krzysztof Kieślowski
 L’un des derniers films de Kieślowski. La Trilogie Française a brillamment disserté sur la devise héritée de Robespierre et la Revolution : Liberté, Egalité, Fraternité. 
 Le Bleu de Liberté colore ici une œuvre tendre saluée, entre autres, par le prix œcuménique. Un bel adieu du plus Français des Polonais.

Lion d'or, OCIC Venise  ;  Goya ES  ;  Jury Prize US
Quand passent les cigognes. Réalisation, Scénario: Mikhaïl Kalatozov, Viktor Rozov. 1957; 98'.  Avec: Tatjana Samoilowa (Weronika), Alexei Batalow (Boris Borosdin), Wassili Merkurjew (Fjodor Borosdin), Alexander Schworin (Mark Borosdin), Swetlana Charitonowa (Irina Borosdina)
 Le parcours de deux jeunes fiancés séparés par la Grande Guerre Patriotique.
 Le 22 juin 1941 à 3h du matin, sans tension préalable, sans déclaration de guerre, Hitler lançait l’Opération Barbarossa, la plus grande campagne militaire de l’histoire, en envahissant la Russie. Mikhaïl Kalatozov, avec le dégel kroutchevien, donne pour la première fois une vision non statistique ou géopolitique de cette apocalypse. Des individus épris de paix, de joie de vivre, d’amour, sont morts ou ont vu leur vie détruite à jamais. 
 La Palme d’Or du Festival de Cannes fut attribuée à Letiat jouravli «pour son humanisme».

Palme d'or Cannes ; Prix du Jury Moscou ; Prix Selznick US ;  BAFTA UK
L'Enfance d'Ivan. Réalisation, Scénario: Andrei Tarkovsky, Mikhaïl Papava, Vladimir Bogomolov. 1962; 95'.  Avec: Nikolai Burlyayev (Ivan), Valentin Zubkov (Capt Leonid Kholin), Yevgeni Zharikov (Ltn Galtsev), Stepan Krylov (Cpl Katasonov), Nikolai Grinko (Cln Gryaznov), Dmitri Milyutenko (fou), Valentina Malyavina (Macha), Irma Raush (mère d'Ivan)
Un garçon, malgré l’opposition des militaires soviétiques, décide de rejoindre l’armée pour se battre contre les Allemands.
-Sais-tu qu'au fond d'un puits comme celui-ci, … on aperçoit toujours une étoile, même quand le soleil luit ? 
-Je la vois, Maman, je la vois !  ...  Et pourquoi elle est là ?
-Parce que pour elle, c'est la nuit. Elle brille comme si il faisait nuit noire. 
-Mais est-ce que la nuit est venue ? Il fait jour ! 
- Il fait jour. Il fait jour pour toi ... et pour moi aussi. Pour elle il fait nuit.

 Pourquoi se fait-il, pour la première fois à ma connaissance, que l'accusation de schématisme puisse être portée contre les articles que l'Unità et les autres journaux de gauche ont consacrés à L'Enfance d'Ivan, l'un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir au cours de ces dernières années ? Le jury du Lion d'Or lui a attribué la plus haute récompense : mais cela devient un étrange brevet d' « occidentalisme », et contribue à faire de Tarkovsky un petit-bourgeois suspect si, en même temps, la gauche italienne le regarde d'un mauvais œil. En vérité, de tels jugements méfiants abandonnent, sans justification réelle, à nos classes moyennes, un film profondément russe et révolutionnaire, qui exprime de façon typique la sensibilité des jeunes générations soviétiques. (...)
 Ce n'est pas le Lion d'Or qui devrait être la véritable récompense de Tarkovsky, mais l'intérêt, fût-il polémique, suscité par son film chez ceux qui luttent ensemble pour la libération de l'homme et contre la guerre.    
Jean-Paul Sartre
 Cette défense ne me convient pas. J’aurais préféré une argumentation artistique, et non idéologique. Je ne conteste pas l'interprétation de Sartre ; je suis tout à fait d'accord que la guerre produit des héros-victimes et qu’il n'y a pas de vainqueur dans une guerre.
 Ce que je conteste c'est le cadre de cette polémique : des idées, des valeurs étaient mises en avant, l'art et l'artiste oubliés.              
Andrei Tarkovsky
 Le premier film de Tarkovsky. La vision d’un enfant qui n’a pas fait la guerre. Et qui revendique ici, lui-même, une œuvre essentiellement poétique.
Lion d'or Venise 
Andreï Roubliov. Réalisation, Scénario: Andrei Tarkovsky,  Andreï Kontchalovski. 1966; 183'.  Avec: Anatoli Solonitsyne (Andreï Roublev), Irma Raouch (l'innocente), Nikolaï Sergueiev (Théophane le Grec), Ivan Lapikov (Kyrill), Nikolai Grinko (Daniil le Noir), Youri Nazarov (le Grand Prince / son frère), Yuri Nikulin (le moine), Mikhail Kononov (Foma)
 Le périple, au 15e siècle, du plus grand peintre d’icônes Russe qui a décoré, entre autres, la cathédrale de la Dormition sur Gorodok.
- «Même sans nous, vous vous entredévorez!» Quelle honte. Ils ont massacré tout le monde … je ne peindrai plus jamais. 
-Pourquoi ? 
-Ça ne sert à rien, c'est tout… Je ne t'ai pas dit le principal. J'ai tué un homme. 
-Nos péchés donnent figure humaine à la cruauté. Dieu te pardonnera. Mais toi, ne t'absous pas. Tu vivras entre le divin pardon et ton propre remords. Quant à ton péché… Il est dit dans vos Écritures : "Apprenez à faire le bien, cherchez la vérité, secourez l'opprimé prenez la défense de l'orphelin, alors seulement nous pourrons être juges, a dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige." 

 Je t'enviais, tu sais. La jalousie me rongeait. Quand, à mon retour, j'ai su que tu ne peignais plus, ça m'a soulagé. Après je n'y ai plus pensé.
 Dieu t'a pourvu d'un don… Va peindre la Trinité. N'arrête pas de peindre. Je vais bientôt mourir et il ne restera rien de moi. Pour toi aussi, la fin approche. Tu veux donc emporter ton don dans la tombe ?

 Je ne voulais ni d'un film historique ni d'un film biographique, mais autre chose. Cette autre chose était l'exploration du don poétique du grand peintre russe. J'avais envie d'évoquer, à travers l'exemple de Roubliov, la psychologie de la création, et de sonder l'âme et la conscience sociale de l'artiste qui veut créer d'impérissables valeurs spirituelles.                  Andrei Tarkovsky
 Une œuvre forte montrant les difficultés et troubles dans la Russie du Moyen-Age. Un questionnement sur l’art et le rôle de l’artiste. L’assise religieuse, avec des justifications par les Ecritures, ne pouvait bien-sûr pas être encouragée dans une société marxiste ; d’où le silence ou la censure sur ce film.
 Andrey Rublev, initiation à l’iconographie slave et vision de l’art dans la société, est un grand film.

Prix FIPRESCI, Prix Léon-Moussinac FR ;  Jussi Award FI ;  Best Art Film IT
Solaris. Réalisation, Scénario: Andrei Tarkovsky, Friedrich Gorenstein. 1972; 170'.  Avec: Donatas Banionis (Kris Kelvin), Natalya Bondarchuk (Khari), Youri Yarvet (dr Snauth), Anatoli Solonitsyne (Sartorius), Vladislav Dvorjetski (Burton), Nikolaï Grinko (père de Kris), Sos Sarkissian (Gibarian)
 Un psychologue est envoyé dans une station spatiale autour d'une lointaine planète afin de savoir pourquoi l'équipage semble avoir perdu la raison.
 Quand je dors, je ne connais plus ni craintes, ni espérance, ni soucis, ni joie… Je remercie celui qui inventa le sommeil, il est comme une balance qui rend égaux le roi et le berger, le sot et le sage.
 Le sommeil n’a qu’un défaut, il ressemble vraiment trop à la mort.

-Quand un homme est heureux, il est rare que le sens de la vie et autres grandes questions éternelles l’intéressent vraiment. On se les pose parfois au terme de son existence. 
-Oui, mais comme nul ne sait quand viendra ce terme, chacun se presse. 
-Ne vous pressez pas. Les plus heureux sont ceux qui ne s’en sont jamais occupés. 
-Peut-être. Le questionnement correspond au désir de savoir : mystère du bonheur, de da mort, de l’amour. 
-Y penser revient à connaître le moment de sa mort. Quand cette échéance reste inconnue, c’est comme si nous étions immortels.
 Pour voyager dans l’espace, vous devez abandonner derrière vous la vieille ordure verbale : le discours Dieu, le discours pays, le discours maman, le discours amour, le discours parti. Vous devez apprendre à exister sans religion sans pays sans alliés. Vous devez apprendre à vivre seul en silence. Quiconque prie dans l’espace n’y est pas.       Andrei Tarkovsky
 Une première incursion en science-fiction. Mais, comme Tarkovsky ne se souciait pas de la classification en genres, il en résulte une œuvre déroutante. La regarder patiemment, comme le veut la lenteur silencieuse parfois agrémentée d'airs de Bach en sourdine, apporte des éclaircissements, une vision du rêve spatial.
Prix du Jury, FIPRESCI Cannes 
Le Miroir. Réalisation, Scénario: Andrei Tarkovsky, Arcadi et Boris Strougatski. 1979; 163'.  Avec: Margarita Terekhova (Maroussia), Oleg Jankovski (père), Tamara Reshetnikova (femme brune), Tamara Ogorodnikova (Maroussia âgée), Larissa Tarkovski (Nadejda Petrovna), Olga Kizilova (fille rousse), Yuriy Nazarov (Serioja), Alexandre Misharine (docteur)
 Un homme revoit sa vie : son enfance sur fond de Grande Guerre Patriotique, ses parents, sa famille.
 Je fais régulièrement le même songe. Comme si quelque chose s’efforce de me faire revenir sur les lieux chers à pleurer où je suis né il y a quarante ans. Quand je reconnais les murs de rondins, l’entrée plongée dans l’obscurité, je sais déjà que ce n’est qu’un rêve. Et l’immense bonheur est gâché par l’attente de l’éveil. 
 Après, je guette le retour de mon rêve, je le guette avec impatience, pour me revoir enfant et me sentir heureux de nouveau, parce que tout était encore possible… 

 Les destins de deux générations se superposent par la rencontre de la réalité et des souvenirs, celui de mon père dont on entend les poèmes dans le film et le mien.       Andrei Tarkovsky
Le passé, le souvenir, les possibles. Un Tarkovsky tout en tendresse.
Réalisation, Scénario: Andrei Tarkovsky, Friedrich Gorenstein. 1979; 162'.  Avec: Alexandre Kaidanovski (Stalker), Anatoli Solonitsyne (l'écrivain), Nikolai Grinko (le physicien), Alissa Friendlikh (l'épouse de Stalker), Natasha Abramova (Martha, la fille de Stalker)
 Dans un pays et une époque indéterminés, il existe une zone interdite, fermée et gardée militairement. On dit qu'elle abrite une chambre exauçant les désirs secrets des hommes et qu'elle est née de la chute d'une météorite, il y a bien longtemps. Les autorités ont aussitôt isolé le lieu, mais certains, au péril de leur vie, bravent l'interdiction. Leurs guides se nomment les Stalker, êtres déclassés, rejetés, qui seuls connaissent les pièges de la zone, en perpétuelle mutation...
                                                                          Synopsis Editeur
 Qu’est-ce qui les poussait à venir ? Que cherchaient-ils ? Leur bonheur, je pense. Leur bonheur ? Quelle sorte de bonheur ? Les gens n’aiment pas déballer leur monde intime. D’autant que ça ne regarde personne, ni vous, ni moi. De toute les manières vous avez de la chance. Moi, de toute ma vie je n’ai pas vu un seul homme heureux.
 Nous sommes crucifiés dans une seule dimension, quand l’univers, lui, est multidimensionnel. Nous le sentons et souffrons de ne pouvoir connaître la vérité. Mais connaître n’est pas nécessaire. Ce qu’il faut, c’est aimer. Et croire. Car la foi, c’est la connaissance par l’amour.
                                                                        
Andrei Tarkovsky
 La quête du bonheur par le chemin de la foi ; surtout la foi au sens tarkovskien du terme.
OCIC Cannes ;  Prix du Jury FantasPorto ;  Prix Luchino-Visconti IT
Nostalghia. Réalisation, Scénario: Andrei Tarkovsky, Tonino Guerra. 1983; 126'.  Avec: Oleg Yankovski (Andreï Gortchakov), Domiziana Giordano (Eugenia), Erland Josephson (Domenico), Patrizia Terreno (femme de Gortchakov), Delia Boccardo (femme de Domenico), Laura De Marchi (femme à la serviette), Milena Vukotic (employée communale), Alberto Canepa (fermier)
 Un poète russe, Gortchakov, recherche les traces d’un compatriote musicien qui a séjourné en Italie au 18e siècle. Accompagné par une jeune interprète, Eugenia, il a traversé la moitié de l’Italie pour aboutir à un village à demi détruit, replié sur lui-même autour de quelques ruines et une église. C’est la fête de la Madone. Mais Gortchakov ne participe pas à la cérémonie.    Synopsis Editeur
-Pourquoi ne pas te confier à moi ?    -Je ne comprends pas. 
-Lis... et tu comprendras...                 -Qu'est-ce que c'est ? C'est la lettre du Conservatoire de Bologne ? 
-Mais Sasnovski... de retour en Russie, a-t-il eu du succès ? Etait-il heureux ?                                             -Il se mit à boire... et après... 
-Il s'est suicidé ?                                  -Exactement.

 J’ai voulu faire un film sur la nostalgie russe, cet état d’âme si particulier qui s’empare de nous lorsque nous nous retrouvons loin de notre pays. J’ai voulu raconter l’attachement fatidique qu’ont les Russes pour leurs racines, leur passé, leur culture, pour les lieux qui les ont vus naître, leurs parents proches et leurs amis. Un attachement qu’ils gardent toute leur vie, quels que soient les horizons où le destin les entraîne. Les Russes s’adaptent difficilement aux nouveaux modes de vie, aux nouvelles mentalités. Leur lourdeur et leur incapacité à s’assimiler est dramatique.                               Andrei Tarkovsky
 Une œuvre interrogative …, sensible. 
 Et qui parlera, encore plus je pense, à tous ceux qui, pour une raison ou une autre ont quitté leurs racines originales …, ou initiales.

Grand prix du cinéma de créationOCICFIPRESCI, Cannes
Жертвоприношение. Réalisation, Scénario: Andrei Tarkovsky. 1986; 150'.  Avec: Erland Josephson (Alexandre), Susan Fleetwood (Adélaïde), Valérie Mairesse (Julia), Allan Edwall (Otto), Gudrun S. Gisladottir (Marie)
 Pour conjurer le chaos menaçant le monde, un homme s’engage à sacrifier tout ce qu’il possède.
 Je vois comme ma tâche particulière de stimuler réflexion sur ce qu’il y a d’éternel et de spécifiquement humain, qui vit dans l’âme de chacun, mais que l’homme ignore le plus souvent, bien qu’il ait là son destin entre les mains : il poursuit à la place des chimères. En fin de compte, pourtant, tout s’épure jusqu’à ce simple élément, le seul sur lequel l’homme puisse compter dans son existence : la capacité d’aimer. Cet élément peut se développer à l’intérieur de l’âme de chacun, jusqu’à devenir le principe directeur capable de donner un sens à sa vie. Mon devoir est de faire en sorte que celui qui voit mes films ressente le besoin d’aimer, et qu’il perçoive l’appel de la beauté.       Andrei Tarkovsky
 Le dernier Tarkovsky. Entre les angoisses métaphysiques personnelles et les menaces autodestructives que la cupidité et la haine font planer sur cette terre, cette œuvre questionne. Elle propose des voies.  
 Le réalisateur, à la touche si originale, parti si prématurément, y aura-t-il trouvé, avant de quitter ce monde, au moins l’apaisement à défaut de la solution ?

OCIC, Prix du Jury, FIPRESCI Cannes  ;   BAFTA UK
Dans la brume. Réalisation, Scénario: Sergei Loznitsa, Vasili Bykov. 2012; 123'.  Avec: Sergei Kolesov (Voitik), Nikita Peremotovs (Grisha), Yulia Peresild (Anelya), Kirill Petrov (Koroban), Dmitrijs Kolosovs (Mishuk), Stepans Bogdanovs (Topchievsky), Dmitry Bykovskiy (Yaroshevich), Vlad Ivanov (Grossmeier), Vladimir Svirski (Sushenya), Vlad Abashin (Burov)
 En 1942, la Biélorussie subit le joug de l'occupation nazie. Dans la forêt deux résistants recherchent Souchénia, un homme accusé à tort de collaboration. Comment faire un choix moral dans des circonstances où la morale n’existe plus ? Durant la Seconde Guerre mondiale, personne n’est innocent.                         Synopsis Editeur
 Il y a des situations qui ne peuvent pas trouver de dénouement à cause d’une totale incompréhension et d’une suite d’événements qui annihilent toute justification et empêchent tout dialogue. Il n’y a d’issue que sacrificielle. C’est à ce type d’histoire que nous avons affaire. 
 Le chemin que parcourt le héros avant de comprendre qu’il est irrémédiablement condamné et, par voie de conséquence, de comprendre l’état des choses, est le cœur même de ce film.
                                                            
Sergei Loznitsa 
  Sergei Loznitsa est né en Biélorussie et a grandi en Ukraine où il a suivi des études scientifiques. Après sa formation cinématographique à Moscou, il a commencé à réaliser des films à Pétersbourg. Il montre ici la Grande Guerre Patriotique comme l’horreur absolue pour l’individu dans le sens de son humanité ; un film choc. 
 Son discours résonne tristement aujourd’hui, accentué par ses origines, quand on voit ce que sont devenus, après l’URSS, les Etats Slaves.

Winner Trieste, Ivanovo, Erevan ; FIPRESCI Cannes  
Réalisation, Scénario: Anna Hints. 2023; 90'.  Avec: Eva Kübar, Marianne Liiv, Elsa Saks, Maria Meresaar, Kadi Kivilo
 Des femmes se réunissent dans un sauna à fumée. Dévêtues, enveloppées par les volutes, elles se confient les unes aux autres. Elles racontent leurs histoires d’amour et évoquent leurs désirs intimes. Elles décrivent aussi leurs souffrances et la violence des hommes. Matérialisant ces récits en un hors-champ sidérant, le premier long-métrage de Anna Hints est un hymne puissant à la sororité.              Synopsis Editeur
-Je me souviens avoir demandé à ma mère... si c'était vrai que je n'étais pas belle du tout. Sans doute pour me rassurer, elle m'a dit :
-"Eh bien, oui, mais tu es unique."
-J'ai compris que je n'étais vraiment pas belle. En sachant ça, il n'était pas facile de vivre dans le monde des femmes. Il m'a fallu beaucoup de temps avant que je me sente belle ; à plus de 40 ans.
  I went on a silent retreat to a Buddhist monastery in Thailand with my mum. We spent 26 days in silence. When you can’t speak and all the voices are taken away, you realise you have so many voices inside you. It made me question ‘where is my voice? what is my voice?’ and the idea of bringing together female voices in a space came to me.
                             
Anna Hints, interwiev, British Sauna Society
“The small, smoky, steamy miracle of this film is how it creates something so intangible, so lyrical, from the absolutely elemental: fire, wood, water and lots of naked female flesh.”                   Variety
 Le sauna de l’Estonie, inscrit au patrimoine culturel de l’Unesco, est l’endroit parfait pour les confidences. Des femmes, au moins quadragénaires, s’y racontent leur vie, leurs complexes et problèmes en toute simplicité ; même souvent avec le sourire. 
 Une œuvre originale, intimiste, sincère. Un film féministe et humaniste. On en sort enrichi. Mais aussi, mal à l’aise ; surtout quand on appartient à l’autre genre.

Winner Sundance, San Francisco, DK, EE, EU
Alouettes, le fil à la patte. Réalisation, Scénario: Jiří Menzel. 1989; 94'.  Avec: Rudolf Hrusínský (Trustee), Vlastimil Brodský (Professor), Václav Neckár (Pavel Hvezdár), Jitka Zelenohorská (Jitka), Jaroslav Satoranský (Guard Andel), Vladimír Smeral (Minister), Ferdinand Kruta (Kudla), Jirí Menzel (Convict)
 Années 50. Dans un dépôt de ferraille travaillent des prisonnières, condamnées pour avoir tenté de quitter illégalement le pays, et des hommes soupçonnés de ne pas s’enthousiasmer pour le régime ...                        Synopsis Editeur
 En février 1948, après la victoire du communisme, la classe ouvrière prit le pouvoir. Les vaincus durent payer, par le travail obligatoire, leur appartenance passée à la bourgeoisie.                                En exergue
  C'étaient des prisonniers politiques, essentiellement des personnes totalement innocentes, qui ont été traduites en justice pour leur besoin de liberté. Parce que ces gens ont été emprisonnés alors qu'ils n'ont commis aucun crime. Ils voulaient juste avoir une vie libre, et c'était assez grave pour les mener devant les tribunaux politiques.
       
Michal Bregant, directeur des Archives Nationales du Film, Prague
 Le socialisme en Tchécoslovaquie, comme ailleurs, a eu ses pages de privations de libertés et d’excès. On ne peut pas le nier, et c’est condamnable. 
 Pour dénoncer ces faits, Jiří Menzel, lors du Printemps de Prague a réalisé ce film sur le ton du guignol. Ça peut amuser… On comprend alors, même si on ne la soutient pas, sa censure en 1968. Il ne fut autorisé qu’avec le Dégel, vingt ans plus tard. Les Allemands se sont alors empressés de le couronner au Festival de Berlin.

Ours d'or Berlin 
Survivre à sa vie. Réalisation, Scénario: Jan Švankmajer. 2010; 105'.  Avec: Václav Helšus (Evžen et Milan), Klára Issová (Evženie), Zuzana Kronerová (Milada), Emília Došeková (super-ego), Daniela Bakerová (Dr Holubová), Marcel Němec (collègue), Jan Počepický (antiquaire), Jana Oľhová (prostituée), Pavel Nový (concierge), Karel Brožek (patron), Miroslav Vrba (Fikejz)
 Eugene vit une double vie, partagee entre le monde reel et les moments rêvés. Un jour, il se rend chez un psychanalyste qui entreprend l'interpretation de ses rêves et lève le voile sur son enfance d'orphelin.  
                                                                   Synopsis Editeur
-Avec ça tu devrais arrêter de rêver.     -Mais je veux le contraire. 
-Le contraire ?                                      -Je veux des pilules, fais-moi rêver. 
-Reste à l'écart de la drogue, nous sommes trop vieux pour ces choses. 
-Je ne parle pas de drogue. Je parle de rêve commun et ordinaire. 
-Je dois vraiment y aller. Va la voir, elle sait tout sur les rêves. Je l'ai rencontrée dans un séminaire sur la sexualité humaine. 
-Dr Holubova ? Qui est-elle ?              -Une psychanalyste. 
Exposition Jan Švankmajer, Galerie 1, fev 2024, Prague
  Je pense que mon travail est de plus en plus dirigé contre les tentatives de jeux purs pour me libérer de la peur et de l'anxiété. J'utilise le sarcasme et l'humour objectif comme une arme.                     Jan Švankmajer
 Membre du Groupe Surréaliste de Prague, Jan Svankmajer s’exprime par toutes les formes de l’image, fixe ou animée. Il dit nous offrir ici une ‘comédie psychanalytique’ ; l’observation de la vie d’un individu et de ses rêves, parfois amusants.